Les relations entre la France et les Emirats Arabes Unis renforcées par l’Intelligence Artificielle

Nous en parlions il y a quelques semaines, la France développe un intéressant potentiel dans le domaine de l’Intelligence Artificielle (IA) et semble avoir pris conscience du défi quant à la maîtrise de ces nouvelles technologies. Moins d’un mois plus tard, la France et son ministre de l’Economie Bruno Le Maire, lancent une coopération avec les Emirats Arabes Unis dans la course à l’IA. Mais quels sont les enjeux de cette entente ?

Une coopération entre la France et les Emirats Arabes Unis pour l’IA

Du 9 au 11 février 2019, Bruno Le Maire était en visite aux Emirats Arabes Unis, notamment pour participer au World Government Summit à Dubaï – Sommet concernant la gouvernance mondiale réunissant tous les ans des décideurs économiques et politiques – ou encore pour se rendre au Louvre Abu Dhabi.

Pour sa première visite dans cet Etat du Golfe, Bruno Le Maire s’est entretenu avec plusieurs ministres du gouvernement et le prince héritier, l’homme fort du pays : Cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane. Le but étant de lancer une collaboration avec les Emirats Arabes Unis en matière d’Intelligence Artificielle. Un accord a donc été signé avec le ministre d’Etat chargé de l’Intelligence Artificielle Omar Al Olama.

Une mission émiratie se rendra bientôt en France pour déterminer quelles startups et PME françaises pourront participer à la coopération entre la France et les Emirats Arabes Unis.  Le ministre de l’Economie l’annonce : ce partenariat est « un des fils directeurs de la relation bilatérale », une relation qui se construit d’années en années entre les deux Etats.

Bruno Le Maire a rencontré le prince héritier et plusieurs ministres du gouvernement des Emirats Arabes Unis.

Des liens de plus en plus forts

Cette collaboration en termes d’IA fait partie d’une volonté commune de la France et des Emirats Arabes Unis de travailler ensemble sur différents plans. Sous l’impulsion de Cheikh Zayed, ce partenariat a débuté par le choix de se doter d’un dispositif de défense dissuasif, en se liant à la France. Alors, ces relations d’abord basées sur les hydrocarbures et la sécurité se portent aujourd’hui sur une multitude de sujets : coopération culturelle, universitaire, énergétique, économique, scientifique, etc. Ainsi, c’est environ neuf visites depuis 2017 qui se sont succédé entre les différents gouvernements pour entretenir ces projets.

Un exemple concret qui témoigne de cette relation bilatérale est le Louvre Abu Dhabi. En effet, né du désir de faire des Emirats Arabes Unis un pays culturel et une destination de qualité en étant une référence dans le domaine de l’art et de l’éducation, les dirigeants d’Abu Dhabi ont fait appel au savoir-faire français pour la création du premier musée universel dans le monde arabe. Un projet ambitieux qui s’étend sur presque 64 000m², dont 6 000m² consacré aux collections permanentes. Il permet de faire rayonner la culture de l’art français dans le monde, tout en façonnant un soft power de plus en plus puissant, celui des Emirats Arabes Unis.

Le Louvre Abu Dhabi a ouvert ses portes le 11 novembre 2017, inauguré par le Président Emmanuel Macron.

Ainsi, cette nouvelle association entre la France et les Emirats Arabes Unis pose une nouvelle pierre à l’édifice et rentre dans la stratégie de ces derniers pour s’imposer comme des acteurs internationaux crédibles, dans la course à l’Intelligence Artificielle.

Une volonté de s’imposer

Depuis déjà plusieurs mois, les Emirats Arabes Unis déploient de plus en plus rapidement leurs actions dans le domaine de l’Intelligence Artificielle. Ce n’est pas un hasard car depuis presqu’un an, un nouvel organe a pour but de superviser l’intégration de l’Intelligence Artificielle dans les départements gouvernementaux, mais aussi de créer des environnements de travail stimulants pour accélérer le développement de projets qui a été instauré.

Un conseil composé de 10 membres et dirigé par Omar Al Olama, Ministre d’Etat pour l’Intelligence Artificielle (cité précédemment) a vu le jour. Il est accompagné de représentants de différents gouvernements locaux, afin de préparer le pays aux évolutions amenées par l’IA dans de multiples domaines. Ce nouveau conseil rentre en compte dans la stratégie d’IA des Emirates Arabes Unis et a pour but de développer certains secteurs de manière intelligente et significative : les transports, la santé, les énergies renouvelables, la technologie, l’éducation, etc.

Ce qu’il faut retenir

Depuis plusieurs années, les Emirats Arabes Unis conçoivent leur stratégie pour être un acteur crédible en Intelligence Artificielle et pour pouvoir intégrer ces nouvelles technologies au quotidien des habitants du pays, tout en développant significativement certains domaines cibles. De plus, la France également en quête d’IA, possède de nombreux atouts comme sa capacité à traiter des données, algorithmes et à enseigner les mathématiques et le numérique. Ces deux pays en quête d’accroître leur autonomie à travers l’IA vont donc collaborer ensemble. C’est une entente qui développe une fois de plus les relations bilatérales entre la France et les Emirats Arabes Unis. Comme le souligne Bruno Le Maire, l’Intelligence Artificielle est aujourd’hui un des fers de lance de cette entente.

Jordan PIEDNOIR


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