Affaire Carlos Ghosn : une crise qui fragilise la relation entre Renault et Nissan

6 mois après l’arrestation de Carlos Ghosn, les constructeurs automobiles Renault et Nissan ont dû faire face à quelques changements. Entre le refus de Nissan de fusionner avec Renault et la chute des résultats du groupe Nissan, les deux constructeurs automobiles font face à une crise qui fragilise leur relation.

En novembre 2018, Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, est soupçonné de malversations financières. Deux fois incarcéré (le 19 novembre 2018 et le 4 avril 2019), il est sorti deux fois de prison en s’acquittant par le versement de deux cautions (pour un total de 1,5 milliard de yens, soit 11,9 millions d’euros). Dans cet article, nous n’allons pas nous attarder sur l’ancien PDG de Renault-Nissan, mais plutôt sur les conséquences que cette affaire a engendré sur les deux constructeurs automobiles. Si vous voulez vous rafraichir la mémoire, n’hésitez pas à lire notre article qui revient sur cette affaire très médiatisée.

Thierry Bolloré intègre le Conseil d’Administration de Nissan

Suite à l’arrestation de Carlos Ghosn, Thierry Bolloré a été nommé directeur général de Renault fin janvier, après en avoir été le directeur général délégué par intérim suite à l’arrestation de Carlos Ghosn, le 19 novembre 2018 au Japon. Dernièrement, il a rejoint le Conseil d’Administration (CA) de Nissan, non sans animosité de la part de la direction du constructeur japonais, car celle-ci ne supportait pas que Thierry Bolloré défende autant Carlos Ghosn les semaines suivant son arrestation. Ce remaniement permet au groupe de proposer aux actionnaires, au cours d’une assemblée générale prévue fin juin, une structure renouvelée et élargie à onze administrateurs, dont sept issus de l’extérieur.

Thierry Bolloré rentre au Conseil d’Administration de Nissan.

Des résultats en baisse et un projet de fusion rejeté

Cette nouvelle liste de membres du CA de Nissan est causée par un mauvais résultat annuel. Le mardi 15 mai 2019, le constructeur japonais a publié un bénéfice net en baisse de 57%, à 319 milliards de yen (soit 2,5 milliards d’euros) pour son exercice 2018-2019. Face à ces mauvais résultats, également provoqués par la mauvaise image de l’entreprise développée suite à l’affaire Ghosn, Thierry Bolloré relance ce projet d’alliance tout en répliquant que « [Renault] est peut-être un peu moins gros que Nissan, c’est incontestable. Il n’empêche que nos résultats n’ont cessé de progresser ces dernières années ». Nissan refuse catégoriquement. Afin de se redresser, Nissan souhaite se relancer aux Etats-Unis, qui constituent un marché majeur sur lequel ses marges ont diminué ces dernières années. La stratégie de croissance souhaitée par Carlos Ghosn a coûté trop cher et Nissan veut désormais augmenter ses profits.

Nissan affiche un bénéfice net en baisse de 57% pour l’exercice 2018-2019.

Ce qu’il faut retenir 

Ainsi, l’affaire Ghosn qui a fragilisé les relations entre Renault et Nissan, fait penser que le groupe japonais peine à retrouver sa place d’antan, suite au départ brutal de son ancien charismatique président.

Maud Pouliquen


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