« Paris peut-elle accueillir les Jeux Olympiques 2024 ? »

Suite à l’échec sa candidature olympique en 2012, il est légitime de se demander si Paris peut accueillir les Jeux Olympiques 2024. Cette thématique a été abordée le mercredi 3 février 2016 lors d’une conférence à l’Institut d’Etudes des Relations Internationales (ILERI).

« Paris peut-elle accueillir les Jeux Olympiques 2024 ? »

 

 

Logo de la campagne olympique Paris 2024

Logo de la campagne olympique Paris 2024

La question n’est pas simple car elle est à la croisée de mondes connexes : Politique, Économique, Influence Culturelle et Enjeux sportifs internationaux. Afin de répondre à cette problématique, trois intervenants ont partagé leurs expériences :

  • Nicolas MOINET, directeur du master d’intelligence économique de l’IAE de Poitiers et spécialiste des questions d’influences,
  • Stéphanie DREOSSI, spécialiste du Marketing du Sport,
  • Kevin BERNARDI, spécialiste des questions Olympiques et Concepteur Rédacteur du site Sport Et Société.

Montage réalisé par l’ILERI pour annoncer la conférence

Montage réalisé par l’ILERI pour annoncer la conférence

Nicolas MOINET a animé la soirée et a introduit la conférence en proposant un rappel des candidatures olympiques perdues par la ville de Paris. Il a insisté sur l’importance de prendre du recul et d’apprendre des erreurs passées en vue de maximiser ses chances pour gagner lors de cette nouvelle candidature.

Kevin BERNARDI et Stéphanie DREOSSI se sont ensuite relayés pour présenter les évolutions majeures des modes d’attribution des Jeux Olympiques. En 2014, un « Agenda 2020 » a été mis en place dans le but de faciliter les procédures d’inscription aux Jeux Olympiques. Cet agenda a entraîné une réduction des frais d’inscription afin d’inciter les villes les plus petites à candidater. Pour plus de lisibilité et de simplicité, une procédure de candidature a été mise en place avant la remise des dossiers finaux au Comité international olympique (CIO).

Quelques chiffres-clés:

  • Un budget de candidature évolue entre 50 et 100 Millions d’euros
  • Le CIO est constitué de 115 membres internationaux
  • Les 3 phases de la Candidature (Invitation – Candidature – Préparation) s’étalent sur 10 ans.

Par la suite, Stéphanie DREOSSI a apporté un éclairage sur l’échec de la candidature de Paris 2012 (verdict tombé à Singapour en 2005), une approche française mal perçue liée à une candidature trop élitiste et trop nombriliste. En effet, la présentation était trop centrée sur la ville de Paris en elle-même et non sur les potentiels visiteurs internationaux. Cet axe de travail fut clairement source d’incompréhension pour le CIO. Comme symbole de cette explication, Bertrand Delanoë, à l’époque Maire de Paris, avait annoncé juste avant le vote : « Paris Needs the Game ». L’intervenante a également souligné des « erreurs balistiques » comme l’absence de sportifs reconnus dans les vidéos promotionnelles et dans le plan de communication de la ville.

Le contexte sociopolitique a lui aussi joué un rôle perturbateur pendant la visite des membres du CIO (grèves, émeutes des banlieues, politique internationale défavorable). La prochaine attribution des JO aura lieu à Lima au Pérou. Il est certain que les facteurs d’échec du passé auront leur importance dans le choix des membres du CIO pour élire la ville d’accueil : Los Angeles, Rome, Budapest ou Paris.

Kevin Bernardi a ensuite présenté les spécificités de chaque ville, en soulignant l’origine de la candidature, les budgets prévus et les infrastructures déjà en place, ainsi que leur passé respectif. Ce spécialiste des JO a poursuivi en identifiant les acteurs clés et représentants des secteurs économiques, politiques et sportifs de chaque ville. Il est aussi revenu sur un des éléments essentiels de la communication des villes : les valeurs véhiculées auprès du public. Il a notamment évoqué la jeunesse, l’égalité des sexes, la diversité, le progrès, le développement durable, etc.

Paris aura fort à faire avec Los Angeles qui bénéficie déjà d’infrastructures et d’investisseurs privés dans son projet. Cela démontre une réelle volonté populaire d’accueillir les JO. Rome fait également figure de candidat crédible, alors que l’outsider Budapest traîne encore l’image d’une candidature test pour préparer l’avenir. Par ailleurs, la France possède une expérience supplémentaire par rapport à Budapest et peut s’appuyer sur des personnalités influentes comme Tony Estanguet (Kayak) et Bernard Lapasset (Rugby).

Bien évidemment, le choix définitif reste aussi conditionné par l’acceptation des Jeux Olympiques par la population et par ses représentants politiques. Pour résumer, avoir un bon dossier de candidature ne suffit pas. Les éléments décrits ci-dessus permettront peut-être d’éviter les écueils déjà rencontrés. Comprendre les erreurs passées, surveiller et anticiper ses concurrents au travers de leur communication, et identifier les éléments de lobbying pour séduire les membres du CIO aura aussi son importance dans l’attribution des Jeux Olympiques 2024.

Pour aller plus loin, retrouvez la conférence en vidéo.

Quentin Liot

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