STOP COVID, TOUS ANTI COVID : une réelle solution pour lutter contre la propagation ?

Vous avez sûrement entendu parler de l’application STOPCOVID ou TOUS ANTI COVID ? Pour celles et ceux qui sont un peu dans le flou, voici une petite explication.

 

L’application STOPCOVID est une application de contact tracing, proposée par le gouvernement français lors du premier confinement. Son objectif est de casser les chaines de contamination de la COVID – 19, en alertant les individus qui ont été en contact avec une personne contaminée.

 

Ce contact est défini soit par un contact physique soit par le fait qu’une personne soit à moins d’un mètre d’une autre personne pendant au moins 15 minutes.

Grâce au Bluetooth, l’application détecte les autres utilisateurs croisés par la personne inscrite sur STOPCOVID. Si l’un d’entre eux se signale comme porteur du virus, l’application envoie une alerte aux personnes avec qui il a été en contact. Ainsi, ces dernières peuvent aller se faire tester et briser la chaîne de contamination.

 

 

Cependant, les applications de contact tracing soulèvent de nombreux débats notamment d’éthique et d’utilisation des données.

 

Aujourd’hui, les français sont encore une fois privés de certaines de leurs libertés avec la mise en place d’un deuxième confinement. Ce type d’application peut apparaître comme une nouvelle restriction des libertés individuelles notamment celle de se déplacer. On pourrait même se demander si l’Etat utilise ces données pour surveiller le bon respect du confinement sur son territoire. D’autant plus que pour ce genre d’application, il est impossible d’anonymiser totalement l’identité des individus. Cet élément soulève d’ailleurs un réel souci d’éthique notamment celui du secret médical qui permet de garder confidentiel les diagnostics du patient en temps normal.

 

Ici, c’est l’inverse qui se produit avec le partage des informations des malades à autrui. Malgré tout cela, l’Etat français a décidé de maintenir son application de contact tracing afin de lutter contre la propagation du virus.

 

 

Une application controversée

Lors de la première annonce, les français se sont posés de nombreuses questions. Utilisation de données, stigmatisation, exclusion ou encore efficacité ?

 

 

Afin de rassurer les français, le secrétaire d’Etat chargé du numérique a expliqué le fonctionnement de STOPCOVID. Celle-ci conserve les données 14 jours : elles ne seront pas revendues à des entreprises. Les données sont conservées grâce à la pseudonymisation, ce qui permet d’éviter tout type de stigmatisation pour les personnes contaminées. Cependant, ce principe est différent de l’anonymisation car il permet tout de même d’identifier la personne cachée derrière le pseudonyme.

 

Toujours dans le souci de rassurer les utilisateurs, le gouvernement a proposé le libre accès au code source pour permettre aux français de surveiller les différentes fonctionnalités de STOPCOVID.

Le projet a été soumis à la CNIL, Commission Nationale de I’Informatique et des Libertés, pour s’assurer qu’elle respectait bien le cadre juridique qu’elle avait défini. Le 26 mai, la commission rend un rapport autorisant la mise en place de l’application. Le jour suivant, elle est soumise au vote et approuvée à l’Assemblée nationale et au Sénat. Celle-ci sera alors disponible le 2 juin pour les français.

 

Cependant, l’application est un échec. Tout d’abord, elle exclut 20% de la population française qui n’a pas accès à un smartphone. Cette partie de la population comprend d’ailleurs en grande majorité les seniors qui sont les plus victimes de ce virus. Mais c’est surtout son manque de téléchargement qui rend l’application totalement inefficace. En effet, elle a reçu seulement 2,6 millions de téléchargements et a permis d’alerter 7 969 cas ; tandis que nos voisins britanniques ont réussi à réunir 19 millions d’utilisateurs pour leur application NHS COVID.

 

Emmanuel Macron acte cet échec lors de son allocution le 14 octobre et annonce la mise à jour « TOUS ANTI COVID » qui sera mise en ligne le 22 octobre.

 

 

TOUS ANTI COVID : quels sont les changements ?

Pour donner suite à l’inefficacité de la première version, le gouvernement a proposé une application plus complète afin de séduire davantage les français.

En parallèle de l’option de contact tracing, TOUS ANTI COVID offre des informations en temps réel sur la situation de la COVID – 19 en France.

 

 

Les utilisateurs peuvent donc retrouver :

  • Les chiffres clés en France, par région et par ville
  • Les conseils pour lutter contre la propagation du virus
  • Une carte interactive des lieux de dépistage
  • Le nombre d’utilisateurs déclarés positifs sur l’application.

 

Le président a ensuite annoncé la mise en place d’un nouveau confinement pour le 29 octobre. Les utilisateurs ont pu y découvrir une nouvelle fonctionnalité de l’application qui permet de remplir son attestation de déplacement via l’application. Cette action apparaît non comme une coïncidence mais une réelle volonté stratégique de la part de l’Etat d’influencer ses citoyens à télécharger TOUS ANTI COVID de manière massive.

 

 

 

La mise à jour a connu un succès beaucoup plus grand puisqu’elle a été téléchargée plus de fois en une semaine qu’en quatre mois pour sa version précédente. En effet, au 3 novembre, l’application comptabilisait plus de 7 millions de téléchargements. C’est une petite victoire pour le gouvernement.

 

Cependant, l’application rencontre encore quelques problèmes, notamment dus à l’utilisation du Bluetooth. En effet, ce système n’est pas totalement fiable car il ne prend pas en compte l’existence de porte, de fenêtre ou de mur. Les utilisateurs peuvent donc se voir alerter alors qu’ils ne sont pas réellement rentrés en contact avec une personne contaminée.

 

Ainsi, la mise à jour TOUS ANTI COVID, a certes rencontré un meilleur accueil que STOPCOVID, mais a encore un long chemin à parcourir avant d’être réellement efficace dans la lutte contre la propagation du virus en France.

 

Seul l’avenir nous dira si l’application a joué le rôle tant attendu par le gouvernement.

 

 

Zoé BODIN

 

 

 


Sources :