Le XXI, siècle des métropoles ?

Nos sociétés actuelles font face à des problèmes qui ne cessent de s’intensifier au fil des années, à tel point qu’ils ne peuvent plus être ignorés aujourd’hui. En effet, la désertification généralisée des campagnes, la gentrification incessante des grandes villes et l’accroissement démographique, poussent les métropoles à s’étendre inlassablement. Ce phénomène d’urbanisation généralisé ne peut plus être pris à la légère, car aujourd’hui, 55% de la population mondiale est citadine. Face aux perspectives d’évolution dont elles disposent, les métropoles semblent taillées pour devenir des acteurs gouvernementaux de poids, et marquer de leurs empreintes ce siècle.

« Le XXIe siècle sera celui des villes »

Cette citation de Wellington Webb, ancien maire de Denver, souligne l’importance croissante accordée à l’urbanisation. Selon ses dires, « le XIXe a été le siècle des empires, le XXe celui des Etats nations. Le XXIe siècle sera celui des villes ». Néanmoins, est-ce suffisant de le vouloir, pour faire des villes l’acteur majeur de la dynamique mondiale de ce siècle ?

A l’heure actuelle, les métropoles participent grandement à la création de richesses et détiennent une part importante du pouvoir à l’échelle planétaire. La multiplication de grandes villes dans des périmètres toujours plus proches, favorise l’émergence d’immenses régions métropolitaines, telle que la mégalopole japonaise qui relie Tokyo à Nagoya. Ces régions regrouperaient environ 10 % de la population mondiale, mais contribueraient à plus de la moitié du PIB du globe et à 75% des créations technologiques. Malgré les vecteurs d’innovation, de créativité, mais également de diversité qu’elles représentent, les grandes villes produisent pas moins de 70% des émissions de gaz à effet de serre, et consomment environ 2/3 de l’énergie produite par nos soins. La révolution numérique participe grandement au changement impulsé au sein des grandes villes, en modifiant aussi bien nos manières de se déplacer, d’échanger, que de travailler.

Le développement de métropoles ne remet cependant pas totalement en question le rôle des Etats.  L’idée, qui revient à considérer chaque pays comme un acteur distinct, qui suit un seul et même objectif qui lui est propre, est erronée. Le monde tel qu’il est aujourd’hui est confronté en permanence à une multitude d’interactions entre les différentes aires métropolitaines en son sein, qui tendent à faire oublier les frontières existantes. Malgré la présence permanente des Etats, l’émergence accrue des métropoles commence à leur faire de l’ombre.

Le rayonnement grandissant des villes de taille moyenne

Outre les grandes villes, les villes de taille intermédiaire prennent également un poids tout autre, notamment chez nous en France. Force est de constater, qu’après un développement à vitesse grand V de la périphérie parisienne dans les années 80 – qui a conduit à la métropolisation et à l’internationalisation de Paris -, les villes de taille intermédiaire se développent désormais à vive allure, et attirent de plus en plus de jeunes talents.

Les facteurs de cette nouvelle tendance sont divers, et s’expliquent aussi bien par la lassitude à l’égard de la vie parisienne, que par le rayonnement grandissant des autres villes. La modernisation des lignes ferroviaires, la décentralisation et le dynamisme des villes de second plan tendent à instaurer une ambiance métropolitaine en « province ».  A titre d’exemple, Lyon et Nantes sont devenues très attractives pour de jeunes professionnels, du fait d’un écosystème local qui ne cesse de s’enrichir. Forte d’un écosystème numérique hyper dynamique, l’agglomération nantaise s’est dotée cette année d’un nouvel accélérateur de start-up, qui combine l’ADN de la Silicon Valley et l’esprit collaboratif nantais.

Néanmoins, la France a la particularité de disposer que d’une seule très grande ville, en la présence de Paris. Malgré la volonté affichée de dynamiser la vie sur l’ensemble du territoire français, le rayonnement de Paris est plus que jamais nécessaire pour répondre aux besoins spécifiques de notre époque, qu’ils soient géopolitiques ou économiques. Enfin, la modernisation récente des lignes ferroviaires rapproche incessamment des villes telles que Rennes, Nantes ou Bordeaux ; en réalité, une métropole en réseau ne serait-elle pas en train d’émerger progressivement ?

Vers une coopération métropolitaine internationale

Face aux enjeux, et au vu des prérogatives plus grandes qui leurs sont accordées, les métropoles ont vite compris qu’une coopération métropolitaine internationale serait nécessaire afin de tirer l’ensemble des acteurs vers le haut.

Créé en 1985, le réseau mondial des grandes villes et aires métropolitaines, communément appelé Metropolis, regroupe 137 métropoles réparties sur l’ensemble du globe. Cette association a pour but de partager les bonnes pratiques, promouvoir les intérêts des métropoles, mais aussi faire face aux enjeux urbains actuels. Le réseau se réunit régulièrement afin de faire le point sur les actions menées lors de l’année en cours, et discuter de l’agenda de l’année à venir. Des villes telles que Mexico, Buenos Aires, Montréal, Paris, Barcelone, Marrakech, Séoul ou encore Shanghai collaborent à travers le réseau Metropolis.

Cette implication croissante des métropoles, et cette soif d’entraide, soulignent la conscientisation du rôle que jouent, et que seront amenées à jouer les métropoles à l’avenir.

Source : https://www.metropolis.org/fr/carte

L’urbanisation est un phénomène des temps modernes qui ne peut être pris à la légère. Malgré une considération des enjeux et une implication certaine des métropoles, ce phénomène – notamment ce qu’il implique – semble ne pas aller de pair avec les enjeux actuels relatifs au développement durable. Malgré tout, les métropoles doivent s’efforcer de tirer dans le même sens l’ensemble des acteurs qui les composent, afin de s’adapter non plus seulement aux besoins des habitants, mais également aux considérations de notre écosystème planétaire.

Valentin CORBEL


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