Le modèle économique des MOOC 2/2

Dans l’article précèdent, nous avons vu certaines possibilités envisageables pour renforcer la stabilité financière et qualitative des MOOC : Accès au cours et/ou certification payantes, focalisation sur la vente des cours en ligne, participation des entreprises ou établissements de formations, partenariats avec les entreprises pour y voir une niche de recrutement potentiel, etc. En somme des solutions sont possibles, il reste à les étudier en détails pour s’assurer de leur viabilité. Dans cette seconde partie, la focalisation se fera plus particulièrement sur les méthodes d’apprentissage des MOOC, leur position vis-à-vis des autres formations et le principe de la reconnaissance de la certification.

En bref : Qu’apporte un MOOC lors d’un recrutement ?

 

L’accès aux MOOC à l’international et en France

Un MOOC est donc un programme d’enseignement à distance, grâce à des plateformes numériques. Dans le domaine la conception de cours en ligne, les deux protagonistes d’origine américaine sont  Coursera et EDX.

Cependant depuis quelques temps un certain nombre de projets ont vu le jour, notamment en France avec les plateformes UNOW et FUN (France Université Numérique). L’objectif de ces lieux numériques de connaissance et de gérer des flux très importants de connexion : Il faut assurer la qualité et la fluidité de l’accès au cours malgré un nombre important d’apprenants. Les établissements ont donc du choix en matière d’hébergement de leurs cours en ligne et doivent travailler en collaboration pour rendre les MOOC ergonomiques, intuitifs et accessibles à tous d’un point de vue technique.

MOOC fonctionnement

MOOC quel fonctionnement

 

Les formats des MOOC

En règle générale, les cours sont dispensés par deux professeurs référents et une équipe enseignante sur une durée de 4 à 5 semaines. Ils prennent très régulièrement la forme de vidéos, de dossiers PDF ou d’exercices complémentaires parfois corrigés entre les paires et l’équipe encadrante. Le résultat obtenu est  quantifiable. : Pour obtenir une certification, des notes minimums sont à obtenir.

Le cours porte toujours sur un sujet bien spécifique et le programme évolue chaque semaine. En somme, l’organisation est sensiblement similaire à une formation que nous pourrions qualifier de « classique ». Il y un contenu qui suit un fil conducteur, des exercices de mise en application, des évaluations et des notes. Il est même possible d’interagir avec les professeurs par Vidéo conférence ou par le biais de forums de discussion.

Certains MOOC proposent même la possibilité de passer un examen surveillé afin de valider des ECTS en plus du certificat. Cecil est le signe que la notion de reconnaissance académique est aussi importante pour les cybers apprenants que pour les établissements eux-mêmes qui y voient l’opportunité de donner plus de crédibilité à leurs formations à distance.

 

Une notion complexe de l’autonomie

L’avantage pour les apprenants est donc relativement intéressant. Il s’agit d’avoir la possibilité de suivre des cours divers et variés, plus ou moins à moindre coûts et avec une parfaite autonomie. C’est justement cette dernière notion qui peut s’avérer compliquée. En effet, participer à un MOOC demande une part importante de motivation et d’auto discipline. L’encadrement y est faible et chaque apprenant est seul devant son ordinateur, avec probablement d’autres choses à faire.

Aussi, le taux d’abandon est relativement important (entre 70% et 90%). Il y différents profils de « déserteurs » :

– Ceux qui se sont inscrits, sans pour autant participer à un seul module ;

– Ceux qui se sont inscrits en ne participant que partiellement aux cours en ligne et qui ont dû arrêter le programme.

Quoi qu’il en soit, le taux réussite est faible. C’est donc un challenge que doivent soulever les établissements pour comprendre ces raisons et trouver une solution à cet exode, parfois massif.

la question de l'autonomie

la question de l’autonomie

Des questions en attente

Comment rendre un MOOC attractif ? Aussi bien en amont pour l’inscription, que durant le programme pour maintenir l’attention du cyber-apprenant ? C’est une question qui devra très nécessairement trouver une réponse. Autre notion fondamentale, ayant été mentionnée dans l’article précédent, la reconnaissance du certificat dans le monde professionnel.

Que faire en ayant obtenu ce fameux « graal » ? Est-ce une reconnaissance suffisante et efficace pour valoriser cet apprentissage sur un CV ? Ou à l’inverse, s’agit-il d’un « bagage » plus que léger, ayant peu de valeur.

La réponse à cette question se situe, selon moi, entre ces deux notions. Il est certain qu’une formation initiale en université est nécessaire pour avoir du crédit auprès d’un recruteur. Cependant, le MOOC peut s’inscrire dans une démarche cohérente de formation. Une sorte « d’add-on » que l’on ajoute à son parcours de formation et qui complète un enseignement déjà reçu. Un étudiant dans une filière spécialisée comme l’entreprenariat peut suivre un MOOC en gestion de projet ou en analyse financière.

C’est à mon sens, la manière la plus stratégique et logique d’appréhender un MOOC : Le voir comme une plus-value ajoutée à son cursus de base. C’est peut-être ce qui peut faire la différence entre deux candidats lors d’une session de recrutement. Multiplier les MOOC sans réelle idée cohérente de la finalité n’est pas forcement productif, si ce n’est pour sa propre culture personnelle bien évidement.

 

En conclusion

L’information la plus intéressante et pertinente émanera des professionnel du recrutement eux-mêmes. Comment voit-il ce nouveau phénomène ? Au-delà du principe de certification, de gestion des connaissances, Le MOOC peut donner des informations plus personnelles sur le candidat. A savoir, la curiosité, le principe de vouloir apprendre, progresser, l’auto discipline également car suivre un MOOC demande une bonne dose d’autodiscipline. En somme, participer et finir un MOOC permet probablement de véhiculer l’image d’un candidat motivé qui est dans une démarche perpétuelle d’apprentissage et de progression.

Comparer un MOOC et une formation universitaire standard revient à comparer un véhicule automobile avec une remorque. Le MOOC est probablement, s’il est appréhendé correctement, un excellent outil de développement personnel et professionnel. Cet enseignement permet de valoriser sa candidature et d’apporter un avantage concurrentiel par rapport à d’autres candidats. Le phénomène étant relativement jeune, il n’y pas de données pertinentes concernant l’insertion relative aux MOOC, il ne s’agit que de spéculations. Cependant, le marché du travail étant dans une situation plutôt anxiogène, chaque avantage et bon à prendre pour tirer son épingle du jeu.

Nabil Bouamama

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