Le modèle économique des MOOC 1/2

L’acronyme MOOC, ayant pour signification « Massive Open Online Courses » est une nouvelle méthode pédagogique qui consiste à utiliser des plateformes numériques pour dispenser des cours à distance.

 Plus de libertés

Plus de problèmes de localisation géographique, de fuseaux horaires, de validation des dossiers de candidatures ou encore de places disponibles. Les seuls prérequis, outre le fait d’avoir des connaissances de bases dans certaines disciplines, sont : un ordinateur et une connexion Internet. Ces outils permettent aujourd’hui d’accéder à une source de cours en ligne, extrêmement riche, dans différents domaines : Informatique, sciences humaines, management… Un certain nombre d’établissements ont, d’ores et déjà, pris le virage des MOOC.

 

Une présence grandissante

Principalement présent outre atlantique (Harvard, Sandford, MIT…) mais pas uniquement, le phénomène arrive dans les établissements français depuis quelques années : Ecole d’ingénieurs Centrale Lille, Polytechnique, SUPINFO, INSA … Ces établissements disposent d’une excellente image de notoriété, ce qui permet automatiquement de rassurer les étudiants en ce qui concerne la qualité et le sérieux de l’enseignement.

 

modèle des mooc

modèle des mooc

 

Un aspect financier à prendre en compte

Autre paramètre non négligeable : l’aspect financier. Ce dernier est relativement abordable pour les étudiants. L’accès aux cours est généralement gratuit, parfois un supplément peut être nécessaire pour disposer du fameux certificat, « le gral » des MOOC : l’obtention d’une attestation de réussite  nominative émanant de l’établissement. Ce phénomène est-il une révolution pédagogique qui va s’inscrire dans un processus de mutation de l’enseignement supérieur ? Ou bien, est-ce un phénomène éphémère, avec des perspectives d’avenir peu significatives ? Pour répondre à ces questions, il convient de définir le modèle économique des programmes MOOC.

Pour les établissements

Il s’agit d’un projet relativement lourd et coûteux qui a pour objectif, comme tout investissement, un retour. Que ce soit en terme financier ou en notoriété pour attirer de futurs candidats et se positionner dans une démarche de communication. Pour le moment, ce modèle est plutôt flou. Il va de soi que pour les étudiants déjà inscrits dans une formation initiale dans le même établissement, les frais de scolarité peuvent permettre de mettre en place une structure complémentaire de cours en ligne.

Mais pour les autres, les cyber-étudiants non liés contractuellement par les établissements de formations, il est clair qu’un modèle économique viable reposera très probablement sur des frais de scolarité, c’est selon moi la principale variable nécessaire à un enseignement de qualité. Pas nécessairement pour l’accès au cours, mais surtout pour la certification car c’est probablement ce qui intéresse le plus les étudiants. Autre piste probable pour rendre les MOOC viables sur le plan financier :

–          La vente des cours aux autres établissements de formations : Certains cours sont dispensés par des licences libres (Licence creative commons) c’est-à-dire que n’importe qui, simplement sous réserve de mentionner le nom de l’auteur et d’expliquer clairement que la licence est libre, peut dispenser le même cours. Cependant, ce modèle n’est pas systématique. En effet, certains cours sont protégés par le biais des lois sur la propriété intellectuelle et nécessitent une autorisation pour être diffusés.

–          Que le MOOC rentre dans un système de formation professionnelle ou universitaire. Un budget particulier peut être alloué dans les entreprises pour former les salariés et s’inscrire dans une solution de formation continue.

–          Le mécénat ou le sponsoring peuvent également être une solution. Pourquoi ne pas partager les frais avec des entreprises partenaires ?  La notoriété des écoles et autres prestigieux établissements a pour avantage concurrentiel leurs réseaux respectifs. Il y a probablement une carte à jouer dans cet univers ou l’union fait la force. On le constate également avec la fusion de plusieurs écoles de commerces.

axes mooc

axes mooc

Le MOOC peut également servir de produit d’appel en s’inscrivant dans une stratégie de marketing et de communication. Le principe étant similaire à une entreprise sur un salon, elle perd probablement de l’argent sur le court terme, cependant sa présence permet de montrer qu’elle existe dans le paysage et peut permettre des retombées ultérieures avec de futures inscriptions.

Quoiqu’il en soit, le modèle économique n’étant pas clairement défini, il est probable que chaque établissement agisse en fonction de sa structure, de son histoire et de son environnement (partenariats, plateforme numérique). Pour rendre son projet viable, des solutions existent et elles doivent être adaptées à l’identité de l’école. Comme tout projet, le financement reste un élément majeur. C’est l’une des pièces maitresses (outre la qualité de l’enseignement) qui permettra de donner vie au concept. A l’inverse, une situation financière anxiogène rendra la pérennité des MOOC discutable, voire un abandon total, soit de la part des établissements qui ne trouveront pas de plus-values, soit de la part des apprenants qui ne verront pas d’intérêt à suivre des cours sans valeurs qualitatives et sans certifications.

De ce fait, avant de révolutionner le modèle des formations standards, il va falloir que le MOOC trouve lui-même un modèle stable. Le concept et le potentiel restent tout de même très intéressants.

La prochaine partie traitera du positionnement des MOOC dans le paysage des formations dites « traditionnelles ». Et un focus sur le point de vue des « cyber-apprenants »

 

Nabil Bouamama  

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