Le Brexit : une cassure et des enjeux

Le 23 juin 2016, l’Europe et le monde tremblent après le résultat du référendum concernant un éventuel BREXIT. Alors que personne ne voulait y croire, le Royaume-Uni va quitter l’Union Européenne. Le pays s’engage désormais dans un long et pénible processus.

Un long processus encore inachevé

Après plus d’un an de discussions, de sommets et de négociations, le Royaume-Uni a enfin trouvé un accord, plus ou moins imposé par Theresa May, validé par les 28 états membres de l’Union Européenne. Il reste néanmoins de nombreuses étapes à franchir pour arriver à une sortie définitive du Royaume-Uni. Certains questionnements restent importants, comme le problème de la frontière Irlandaise ou encore le texte final de sortie de l’Union Européenne qui définira les relations entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni.

Theresa May lors d’un sommet Européen

L’Union Européenne bénéficie de délocalisations

L’horloge tourne vite et le temps est compté. Dans la crainte d’un no-deal, dont l’ombre pèse de plus en plus sur le Royaume-Uni, de nombreuses entreprises et institutions se sont retrouvées dans une situation délicate.

Quel avenir leur est réservé ? À qui donc profite cette panique des entreprises anglaises ?

La non-proposition de solution de sortie du Royaume-Uni par l’Union Européenne est-elle uniquement motivée par une volonté de faire pression sur le pays afin de le garder parmi les 27 membres ? Existe-t-il des intérêts économiques cachés ?

Un sondage effectué par l’institut des directeurs (IoD), fédération britannique des chefs d’entreprises, révèle qu’une entreprise britannique sur cinq envisage de délocaliser une partie de son activité et près de deux tiers estiment que le choix d’un BREXIT est négatif pour ses affaires. Un quart (24%) des dirigeants interrogés prévoit d’ailleurs de geler les embauches et plus d’un dirigeant sur cinq (22%) envisage de délocaliser certaines de ses opérations commerciales. La City est donc secouée par le BREXIT : la crainte des chefs d’entreprises se renforce au fil du temps et se focalise sur un no-deal qui se profile.

Outre les entreprises, la population elle-même est touchée au sein du Royaume-Uni. Un certain nombre de ressources ne sont pas produites sur le territoire et l’importation est une obligation. Les taxes douanières pourraient alors impacter fortement les prix et créer de nombreuses ruptures de stock.

Ce sujet inquiète beaucoup, surtout en ce qui concerne certains produits comme l’insuline, qui n’est pas produite au Royaume-Uni. Ce médicament est quotidiennement nécessaire aux personnes diabétiques.

Une cassure sur tous les fronts

Le parlement anglais se retrouve désormais coincé dans une situation dillematique, entre les anti-brexit et les pro-brexit (qui se font rares aujourd’hui). Au fil du temps, de nombreux ministres ont arrêté d’apporter leur soutien à Theresa May, qui se voit d’autant plus fragilisée (son parti et elle-même), après avoir validé un accord. D’ores et déjà, 25 parlementaires veulent entamer une procédure pour destituer Theresa May. Néanmoins, il en faut 48 pour que cet acte soit réalisable.

La cassure peut s’ancrer dans la conscience collective des anglais et les rendre réfractaires à tout contact ou échange avec l’Union Européenne. Même si à cette heure, le peuple anglais est révolté contre ses représentants, il peut, à l’issue de ce BREXIT, se retourner contre l’Union Européenne et boycotter ou entraver son système.

Au-delà de La Manche, une autre fracture se ressent de plus en plus sur le continent européen. La montée des extrêmes et des idéaux anti-Europe se fait de plus en plus connaître. Malgré l’emprise de l’Europe constatée sur les pays membres, certains deviennent de plus en plus hostiles à la politique européenne et rêvent déjà de la réformer ou de la quitter.

L’Italie par exemple, votera le 4 décembre, la réforme de sa constitution, qui peut engager le pays dans un “ ITALEXIT ”. D’autant plus que le Mouvement 5 Etoiles de Beppe Grillo, s’il venait à arriver au pouvoir, déclencherait très probablement ce processus face à l’Europe. Il est d’ailleurs soutenu par un sentiment eurosceptique très fort en Italie, notamment causé par le passage à la monnaie unique.

Ce qu’il faut retenir

L’Europe se fragmente peu à peu malgré sa mise en place d’actions dissuasives à la quitter mais aussi à cause d’un mouvement eurosceptique grandissant.

Le Royaume-Uni a enfin trouvé un accord, non sans dommages collatéraux puisqu’une fuite d’entreprises et un déchirement au sein même de la société se sont développés.

 L’emprise de l’Union Européenne sur les pays membres est-elle donc un frein suffisant pour éviter à d’autres pays comme l’Italie ou la Grèce une éventuelle sortie ?

Maxime LEPLAIN


Sources :

 

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