Organiser une action d’influence via les nouveaux médias : Partie 2

Dans cette deuxième partie de notre dossier, nous allons vous donner quelques points à ne surtout pas négliger lors de l’organisation d’une action d’influence sur les nouveaux médias.

Comme nous l’avons vu dans la première partie, aujourd’hui les entreprises ont de nombreuses raisons qui les motivent à mettre en oeuvre ce type de stratégie. Cependant, si une action d’influence peut être organisée par n’importe qui, elle demande tout de même la mise en oeuvre d’une méthode globale, dont voici quelques pistes de réflexion.

 

Partie 2 :  L’organisation d’une action d’influence

 

1) Les canaux de diffusion

Les principaux canaux de diffusion où l’action d’influence peut s’opérer sont les suivant :

Forums : lieux d’échange et de débats. Les forums existent depuis la démocratisation d’internet au grand public. Il existe aujourd’hui de réelles communautés fortes et influentes sur le web.

Blogs : l’apparition des blogs est plutôt récente mais ceux-ci sont aujourd’hui des piliers du web. Des personnes influentes sont « nées » grâce à leur blog. Certains blogueurs sont des « Leaders d’opinion ».

Réseaux sociaux : leur apparition est encore plus récente que les blogs. Ils permettent la diffusion d’information à des communautés ciblées ou nom. Leur force est la potentielle distribution d’une information à un nombre immense de personnes. Nous distinguerons Facebook, Twitter et Google Plus

Sites d’actualité : pure players ou sites de la presse écrite. Ces sites sont des extensions au « monde physique ». Ils regroupent aussi des communautés grâce à la possibilité de commenter les articles.

 

 

L’organisation d’une action d’influence s’opère autour de nombreux canaux

2) Les cibles

Une opération d’influence définit non seulement une cible principale, mais aussi (et surtout) des cibles secondaires qui lui permettront d’atteindre la principale.

Aucune personne ou groupe de personne ne peut opérer d’action d’influence directement auprès de sa cible principale. L’action doit forcément passer par plusieurs personnes et communautés.

 

Il est donc nécessaire de cibler :

Les leaders d’opinion : blogueurs, administrateurs de forum, créateurs de communautés, syndicalistes, journalistes… Ils ont des idées et sont de bons orateurs. Ils sont souvent suivis par la communauté à laquelle ils appartiennent. Ils ont une réelle force de persuasion auprès d’un grand nombre de personnes, et ce même si leur idée est différente de « l’éthique » du groupe auquel ils appartiennent.

Les communautés, plus particulièrement antagonistes à la cible principale : les communautés ne manqueront pas de faire entendre leur voix si elles sont en désaccord avec une idée véhiculée par une information diffusée. D’autant plus si la communauté est en quelque sorte « l’ennemi » de la cible principale. La communauté sait réagir. Plus elle est grande et active, plus elle est influente.

 

L’action d’influence passe par plusieurs personnes et communautés

 

3) Les méthodes

L’action d’influence passe obligatoirement par la rumeur, la désinformation, et le lancement de débats. Ils susciteront la réflexion des différents acteurs des communautés, et résulteront la plupart du temps à un changement d’opinion. L’individu ou le groupe manipulateur aura pour but le lancement de certains sujets, ou simplement la diffusion d’informations sensibles ou de rumeurs sur certains sujets.

L’objectif final est la diffusion à grande échelle de l’information donnée, pour atteindre une diffusion nationale (à terme par la presse).

 

Deux types de méthodes peuvent être utilisées :  la méthode dite « douce » ou la méthode « dure »

 

 a – Méthode « douce » 

– Influence indirecte :

– Description : Il n’est pas nécessaire d’être soi-même leader d’opinion pour lancer une action d’influence. Le passage par les leaders est d’ailleurs parfois à éviter.

La première étape d’une influence indirecte est donc de lancer des débats sur un sujet que l’on souhaite (les problèmes de l’entreprise B par exemple) sur de nombreux forums ou autres pages sociales très fréquentés.

Résultats : Poser une question gênante est important.

Cette action simultanée (sous différentes identités numériques) amènera plusieurs communautés à réfléchir sur le sujet que l’on a lancé. Cette réflexion peut facilement faire effet « boule de neige » et être relayée sur les réseaux sociaux.

Limites : Pour cette action les communautés doivent être importantes et réactives. Il faut que les débats soient vifs et qu’ils manquent parfois de déborder.

Il est également important que le lanceur du sujet ait une certaine crédibilité. Pour cela, celui-ci doit s’être auparavant fait remarquer dans différents sujets, et soit au moins connu des administrateurs de la communauté. Si besoin, être plusieurs complices sur le même lieu de débat afin de pouvoir approuver le message

 

 – Influence directe :

– Description : Ce type d’action doit être préparé à long terme. L’opération consiste à créer une communauté au fil du temps (sur des forums ou réseaux sociaux), et d’être soi-même le leader d’opinion de celle-ci.

Si la création d’une communauté forte est compliquée, l’infiltration d’une communauté déjà existante est tout à fait possible.

Résultats : Devenir le leader d’opinion de la communauté à laquelle on appartient permet une légitimité totale sur l’information que l’on veut diffuser.

Limites : Cela se prépare sur du long terme et l’action ne peut être possible qu’après plusieurs mois voire plusieurs années.

Il est important de noter que la plupart des actions d’influence se réaliseront sur les forums des blogs et des sites très fréquentés. Les réseaux sociaux ne seront présents que pour relayer l’information d’une manière très rapide. Ils permettront aussi et surtout de faire ressortir facilement l’information afin qu’elle apparaisse au grand public. L’opération doit naître d’une communauté forte, installée depuis plusieurs années.

 

La plupart des actions d’influence se réaliseront sur les forums des blogs et des sites très fréquentés. Les réseaux sociaux aideront à relayer l’information rapidement.

 

b – Méthode « dure »

Cette méthode est plus risquée et nécessite plus de moyens humains et techniques. Elle ressemble en réalité beaucoup à la méthode précédente dite « douce ».

La différence est qu’ici, l’ensemble des communautés et des leaders d’opinion seront fictifs. Les messages sur les forums, blogs, et réseaux sociaux seront entièrement créés par le groupe d’influence. Ce faux groupe se complètera et relaiera une information en masse très facilement sur les réseaux sociaux (notamment par Twitter).

L’objectif est un gain en crédibilité avec une communauté qualifiée de « fantôme ». Dès que cette communauté fictive sera assez populaire et importante en nombre, des personnes « réelles » la rejoindront très facilement. Cette communauté possèdera alors une grande capacité d’action.

 

Ce genre de méthode est radical mais très limité pour plusieurs raisons :

Elle coûte extrêmement cher : de nombreux recrutements sont à prévoir afin de créer de fausses identités numériques et de faux débats, messages et articles.

Elle est très risquée : ce type d’action est à la limite du légal (voire illégal). Si le « secret » est découvert, cela peut se retourner sévèrement contre l’instigateur de l’action d’influence.

 

Cependant, s’il semble au premier abord facile et intéressant d’organiser une stratégie d’influence, il faut tout de même rester vigilant et être conscient des risques que cela peut engendrer. Un faux pas, et l’action peut se retourner contre l’émetteur.

Dans la troisième et dernière partie de ce dossier, nous listerons quelques risques et résistances auxquels peut se confronter l’instigateur d’une action d’influence.