Retour sur la conférence d’Aïki-Management par Pierre Fayard à l’IAE de Poitiers

Lundi 4 février, Pierre Fayard, professeur émérite à l’Université de Poitiers et 4e dan d’Aïkido, a donné  une conférence sur le thème de l’Aïki-Management avec l’assistance d’Antoine Henry, chercheur en transformation organisationnelle chez Daylight Consulting.

L’aïkido ?

En guise d’introduction à cette conférence-démonstration, Pierre Fayard a détaillé les trois indéogrammes (Kanji) qui définissent cet art martial :

  • Aï : Harmonie
  • Ki : Energie
  • Do : Voie

L’Aïkido est un art martial de paix qui harmonise les parties prenantes des oppositions ou des conflits. Dans la vie personnelle comme professionnelle, trois de ses principes majeurs sont à même de nous inspirer pour vivre et travailler dans le monde incertain que nous connaissons aujourd’hui.

Antoine Henry (à gauche) et Pierre Fayard (à droite).

Ma-aï / Se positionner

Le Ma-aï recouvre un art d’un positionnement relationnel en dynamique. Il passe par une concentration pleine et entière dans le moment présent. Il permet à deux protagonistes de se tenir sur la limite extrême de leurs zones respectives de sécurité sans provoquer ni se découvrir. Assurer le Ma-aï revient à constamment s’adapter à l’évolution des circonstances telles qu’elles se présentent. En maintenant un contact souple avec son partenaire, l’Aïkidoka se met en situation de percevoir ses intentions avant même qu’elles ne se traduisent en actes. Cela  lui permet d’anticiper en conséquence jusqu’aux imprévus. En sus d’une garantie de sécurité, le Ma-aï est un réducteur d’incertitude.

Irimi / Entrer

Littéralement cela signifie entrer avec le corps et l’esprit, avec sincérité et sans économie. Ce principe met en œuvre la dynamique du plein (une attaque) et du vide, en l’occurrence tout l’espace que cette attaque découvre autours d’elle. Le plein ne va jamais sans le vide bien que dans le conflit on ait tendance à se polariser exclusivement par le plein. Investir le vide, et jusqu’à se faire aspirer par lui revient à se positionner dans la sécurité et avec avantage. Cela suppose une vision stratégique et pas seulement tactique.  Il faut voir largement autour et éviter de se faire vampiriser par l’expression d’une menace.

Tenkan / Pivôter

Tenkan transforme par l’harmonie les parties prenantes d’un conflit. Cela revient à passer de la seule considération de ses intérêts personnels à la gestion d’un intérêt commun. Autrement dit, à passer d’un ME (moi) exclusif à un WE (nous) englobant. Plus que de contrer un adversaire, l’Aïkidoka compose avec lui de manière dynamique. Sur le tatami comme dans la vie professionnelle, cet art martial enseigne à ne pas subir la contrainte des situations par l’assurance d’une présence pleine et entière en soumettant,de manière créative la tactique (locale) à la stratégie (globale).

 

Ce qu’il faut retenir

L’illustration de ces trois principes par des éléments de démonstrations où le public a physiquement été convié a fait de cette conférence-démonstration un événement atypique inédit qui établit des passerelles avec le monde professionnel.

Pierre Fayard et Antoine Henry démontrant l’aïkido à une étudiante de l’IAE.

Pierre Fayard – L’équipe Cell’IE

AUCUN COMMENTAIRES

Désolé, les commentaires ne sont plus admis pour le moment.