Elections : Poutine 2012

Alors qu’en ce moment une grande partie de l’attention médiatique se trouve du côté de la politique française, d’autres élections un peu plus à l’Est se profilent. Et les déclarations des principaux acteurs ont tendance à décevoir du côté des démocraties occidentales. Fin septembre 2011, c’est au cours d’un congrès du parti majoritaire « Russie unie » que les deux candidats les plus attendus ont mis fin au suspens. Vladimir Poutine, actuel chef du gouvernement, se déclare officiellement candidat aux élections présidentielles de mars 2012, soutenu par le président russe Dmitri Medvedev. Vladimir Poutine en profite également pour proposer Dmitri Medvedev comme leader de la liste du parti pour les élections législatives qui se dérouleront en décembre. Sorte de base solide sur laquelle Medvedev pourra s’appuyer en tant que futur… Premier Ministre. Une alternance, comme un échange de bons procédés.

Lors des dernières élections présidentielles en 2008, la Constitution russe ne permettant pas à un président de briguer un troisième mandat consécutif, Vladimir Poutine avait dû se résoudre, après huit années passées au Kremlin, à céder sa place. Son successeur, Dmitri Medvedev, avait alors été accusé par ses détracteurs d’être fortement lié à l’ancien Président, ne s’opposant jamais à lui. Lors de son premier discours, il avait d’ailleurs déclaré « J’incarnerai ce qu’a incarné Vladimir Poutine. Nous restons sur la même ligne », tout en nommant Vladimir Poutine aux commandes du gouvernement.

Une popularité qui ne décline pas

Si de nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui, notamment au sein même de la classe politique russe, Vladimir Poutine est toujours très populaire en Russie et est actuellement donné gagnant. Gage de stabilité, c’est aussi celui qui a incarné pour le peuple russe le retour de la croissance et l’implantation solide du pays dans la sphère économique actuelle. Il n’en reste pas moins un homme de pouvoir, aux réseaux influents et lié pour toujours à des pratiques obscures en rapport avec son passé d’ancien agent secret d’État.

Une ligne directrice et des actes pleinement assumés

La semaine dernière, au cours de l’annuel débat des membres du Club Valdaï (groupe d’experts et d’universitaires spécialistes de la Russie venus des États-Unis, d’Europe et d’Extrême-Orient), Vladimir Poutine a défendu les décisions prises jusqu’à aujourd’hui et affirmé son intention de gouverner dans la lignée de son précédent mandat. Ainsi, même s’il s’affirme prêt à changer en même temps que le monde d’aujourd’hui, les avancées ont semblé faibles pour les observateurs étrangers, notamment en terme de démocratisation.

Quelles conséquences pour l’Europe et le reste du monde ?

Les orientations russes, tant politiques qu’économiques, sont-elles vouées à rester figées si les gouvernements se suivent et se ressemblent ? On se souvient que la présidence de Vladimir Poutine avait marqué les esprits et engagé la Russie dans une dégradation de ses rapports avec l’Union Européenne et les États-Unis. Soutien de poids auprès de l’Iran pour son accession au nucléaire civil, et à la source des divergences avec l’OTAN sur le sujet sensible du bouclier anti-missile, on peut sans trop s’avancer supposer qu’il ne cèdera pas de terrain. La dépendance européenne en matière d’énergie issue du gaz naturel russe est également toujours d’actualité. Qu’en sera-t-il de l’arme économique que représente le gaz dans les prochaines années ? Autant de sujets de désaccord qui continuent de peser en faveur du géant russe sur la balance des négociations.

Malgré cela, en quelques années, le contexte international a beaucoup changé, et aujourd’hui à l’aube d’une adhésion à l’OMC, la Russie pourrait rapidement trouver des intérêts à se rapprocher des démocraties occidentales.

Affaire à suivre.

Julie Prolhac

1COMMENTAIRE
  • Charlotte Minguet
    19 novembre 2011

    Article très intéressant !