Après la Foire de Paris, Cell’IE est allée visiter pendant quelques heures le salon international de Défense et de Sécurité qui s’est déroulé au Parc des expositions de Villepinte du 13 au 17 juin dernier. Ce salon professionnel présente tous les deux ans des produits de défense et sécurité tels que des véhicules (chars, camions, véhicules de l’avant blindé), des armes légères (couteaux, armes à feu), mais aussi des services de communication et de logistique, des équipements de protection, etc.
Avec toujours plus d’exposants depuis sa création, EUROSATORY 2016 a rassemblé 1572 exposants de 56 pays répartis sur une surface d’environ 82 000m². Et si la plupart des salons et expositions se déroulant à Paris ont vu leur fréquentation diminuée du fait du contexte sécuritaire particulier en France, 57 018 visiteurs issus de 151 pays ont quand même fait le déplacement.
Une vitrine pour les industriels de l’armement
Cette édition 2016 s’est caractérisée par une plus grande place accordée à la cyberdéfense/cyber-sécurité, l’entraînement et les simulations, la robotique et les drones. Safran Electronics & Défense a d’ailleurs profité de cette occasion pour présenter son projet de mini-drone, le « Flyeye » qui fait suite au succès de son drone tactique « Patroller » qui va prochainement équiper l’armée française.
De son côté, Thalès a lancé sa nouvelle gamme de radios logicielles tactiques à haut débit « SYNAPS » qui vont permettre une meilleure collaboration internationale sur le terrain. Dans la mesure où les opérations militaires se font de plus en plus en coalition, ce produit répond directement au besoin des armées.
A propos des véhicules présentés cette année, c’est le nouveau blindé GRIFFON (programme SCORPION), à l’échelle 1/1, développé par Nexter, Renault Trucks Défense (RTD) et Thalès, transportant bientôt les troupes de l’Armée de Terre qui a retenu notre attention. En effet, EUROSATORY 2016 présentait plusieurs véhicules du programme SCORPION (renouvellement des véhicules blindés multirôles GRIFFON et des engins blindés de reconnaissance et de combat JAGUAR) qui remplaceront le matériel vieillissant.
Un lieu unique pour la veille stratégique
Il est admis de tous qu’un certain nombre de technologies de pointe ont d’abord été développé pour un usage militaire avant de gagner la société civile. Pour rappel, le fameux Global Positioning System (GPS) est à l’origine un projet de l’armée américaine lancé dans les années 60 et qui aujourd’hui fait partie du quotidien d’un conducteur, même si sa précision est loin d’atteindre celle des GPS utilisés par les armées.
Ce salon est donc l’occasion de découvrir de nouvelles technologies en matière d’électronique embarquée (composants, tablettes renforcées, câbles), de médecine militaire (déchoquage, garrots, brancards) ou encore d’équipements individuels (vêtements, casques, valises de transport, NRBCe).
En plus de cet aspect de veille technologique, EUROSATORY offre un panorama des acteurs présents sur le marché de la Défense et de la Sécurité, en France et à l’international. De même, quoi de mieux pour connaître les tendances du marché que d’aller au contact direct des experts de ce secteur ?
Et pour l’intelligence économique aussi
En plus des grands noms de l’armement, Cell’IE a pu rencontrer des sociétés d’intelligence économique et d’intelligence stratégique pour discuter de l’état de l’intelligence économique en France. Le constat reste toujours le même : la notion d’intelligence économique est encore très peu connue en France, particulièrement chez les dirigeants de PME ou leurs représentant sur les salons. Cell’IE a en effet dû expliquer trop souvent aux PME rencontrées ce qu’était l’intelligence économique.
Il faut reconnaître aux entreprises qu’elles mettent en place des stratégies d’intelligence économique sans même le savoir. Etre présent dans un salon est une action stratégique qui a des retombées tant sur la notoriété d’une société que sur ses ventes (voir article « Salons, expositions, foires, ou comment observer ses concurrents »). Mais l’intelligence économique ne se résume pas à des usages ponctuels.
L’intelligence économique ne se rapporte pourtant pas qu’aux grandes et très grandes entreprises, mais aussi à la toute petite entreprise présente sur un marché de niche (ou non), détentrice d’un brevet ou d’une technologie, d’un savoir-faire qui fait des envieux (français et internationaux).
Le dicton « mieux vaut prévenir que guérir » doit s’appliquer dans les entreprises surtout au regard des marchés hyperconcurrentiels. Le vol d’informations stratégiques ne doit pas être le catalyseur d’une une action protectrice ou d’une démarche d’intelligence économique.
Pour terminer sur l’intelligence économique, on ne peut passer sous silence les efforts réalisés par les Chambres du commerce et de l’industrie. Ainsi, sous le pavillon de la CCI Paris Ile de France, les visiteurs d’EUROSATORY 2016 pouvaient rencontrer des PME pour nouer des relations d’affaires, se renseigner sur leur offre en produits et services.
Anaïs FLEURIT
Pour en savoir plus :
http://www.eurosatory.com/accueil.aspx#oModal
Eurosatory 2016, une belle édition se prépare, Dossier Eurosatory, Essais&Simulations n°125, mai-juin 2016, p.42 : entretien avec Patrick Colas des Francs, commissaire général d’Eurosatory.
http://www.challenges.fr/challenges-soir/20160122.CHA4238/comment-safran-a-vaincu-thales-dans-la-guerre-des-drones.html
http://www.liberation.fr/societe/2015/07/14/l-armee-defile-son-materiel-vieillit_1347480
http://www.cci-paris-idf.fr/informations-territoriales/ile-de-france/convention-affaires-eurosatory-juin-2016-ile-de-france