Le «NEPAD», où on est-on 15 ans après ?

Une nouvelle forme de partenariat comme plan de relance économique est née au début des années deux mille entre les pays africains, c’est le NEPAD. L’objectif essentiel est de stimuler le développement économique du continent africain. Quels succès et quels échecs pour cette initiative en 2016 ? »

Le NEPAD, qu’est-ce-que c’est ?

 

Le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique « le NEPAD » a vu le jour en 2001. Cette initiative visant le développement socio-économique en Afrique est le résultat de la fusion de deux autres programmes. Le premier intitulé « Programme de Redressement de l’Afrique » a été initié par Thabo Mbeki, président sud-africain dans le cadre du partenariat du Millénium. Le second nommé « Plan Oméga » est institué par le président sénégalais Abdullaye Wed, pendant le sommet de la francophonie au Cameroun en janvier 2001. Le rapprochement entre ces deux programmes a donc créé la NAI pour « Nouvelle Initiative pour l’Afrique ».

C’est de la collaboration avec trois autres présidents africains qu’est né le NEPAD, à savoir : Olusegun Obasanjo (Nigéria), Boutelflika (Algérie) et Moubarak renversé en 2011 (Egypte). Ce partenariat a été enfin adopté lors du 37ème sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) tenu à Lusaka (Zambie) en Juillet 2001 et ratifié en 2002 par l’Union Africaine.

L’organisation du NEPAD

Organisation du Nepad

Le modèle de développement proposé par le NEPAD repose sur le soutien des Nations Unies et des organismes régionaux. À la différence de la plupart des initiatives de développement, celle-ci est élaborée par des africains et uniquement pour les africains. Cette action a pour but de mettre fin à la marginalisation de l’Afrique et à la domination des organismes internationaux par rapport aux projets de développement.

L’idée directrice est de penser le développement sur le continent africain en le divisant non pas par pays, mais par zones géographiques. Le continent a donc été fragmenté en cinq grandes zones régionales pour créer des marchés plus vastes et plus attractifs pour les investisseurs. Ces cinq zones sont : l’Afrique de l’Est, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique du Nord, l’Afrique Centrale et l’Afrique Australe.

Le NEPAD joue un rôle dans six secteurs, à savoir :

  1. L’agriculture et la sécurité alimentaire ;
  2. Le changement climatique et la gestion des ressources naturelles ;
  3. L’infrastructure, la technologie et l’intégration régionale ;
  4. Le développement humain ;
  5. La gouvernance économique et corporate ;
  6. Et des questions transversales telles que : l’égalité homme-femme.

Aussi, on peut se demander « Comment les pays africains en voie de développement vont mettre en place des stratégies pour le développement durable ? ».

Du point de vue des leaders africains, le développement durable sera garanti et les investissements étrangers augmenteront sous certaines conditions. En effet, il faudra mener des actions visant à établir la paix, la démocratie, et instaurer des réformes en matière de santé, d’éducation et d’infrastructures partagées.

Quel bilan en 2016 pour le NEPAD ?

Le NEPAD a connu un vrai succès en 2008 avec la construction d’un gazoduc passant par le Bénin, le Togo, le Ghana et le Nigeria. Par ailleurs, un autre succès notable est la construction d’une ligne électrique qui relie le Caire en Egypte, le Khartoum au Soudan du Nord et Kinshasa en RDC.

Le FMI attribut au NEPAD un autre exemple de succès économique datant de 2002. Le NEPAD a en effet apporté un soutien technique externe pour la mise en place d’une revue de dépenses publiques en Zambie, avec la participation des principales parties prenantes. Cela a permis de renforcer la gestion des dépenses publiques du dit pays.

Quinze ans après sa création, même s’il reste toujours beaucoup à faire, plusieurs projets regroupant différents pays africains ont été créés. Le NEPAD a défini un plan d’actions pour développer les secteurs de l’énergie et du transport en Afrique. Ces projets d’infrastructures énergétiques sont centrés sur l’hydroélectrique et l’interconnexion des systèmes d’échanges en énergie.

Un projet de construction de plusieurs barrages hydro-électriques formant un corridor de transmission électrique, reliera en 2020 le Benin, le Nigeria et le Togo sur la côte d’Afrique de l’Ouest. Un autre grand projet est celui d’un oléoduc reliant le Soudan et l’Éthiopie, prévu pour 2040.

Les projets dont s’occupe le NEPAD sont donc toujours établis en collaboration avec d’autres organismes africains. Par exemple, la naissance d’une zone de libre-échange entre les pays du sud de l’Afrique a été prévu pour 2008. Ce projet est dirigé par la communauté de développement d’Afrique Australe (SADC) et le NEPAD.

Les missions du NEPAD sont loin d’être terminées : le chemin est encore long et parsemé d’embûches, mais il est la source de beaucoup d’opportunités et de développement pour l’Afrique et pour les africains.

 

Salma Abbass

2 Responses to Le «NEPAD», où on est-on 15 ans après ?

  1. Dr Keffing Sissoko

    Tres interessant et felicitations pour cette publication
    Car le NEPAD nest pas tres bien connu par le public africain
    Je voudrais avoir cet article pour plus de partage
    J’ai cherche sur votre site facebook pour partager je n’ai pas trouve
    Merci et courage
    Dr Keffing Sissoko
    President Association AFRICA-PLUS
    Bamako (Mali)

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