Les BRICS et l’intelligence économique

Anciennement BRIC, l’acronyme anglais représentait quatre pays : Brésil, Russie, Inde et Chine. Ces pays ont été regroupés de par la similarité de leur situation économique. Cet article a pour but de dresser un premier bilan de l’état du développement de l’intelligence économique dans ces pays.

En 2011, l’Afrique du Sud est venue se greffer au groupe, changeant ainsi l’acronyme pour le terme BRICS (S pour South Africa). Bien évidemment, cette puissance émergente nécessite également que l’on étudie de plus près son rapport à l’intelligence économique.

Drapeaux des États membres des BRICS

Les BRICS sur un plan économique

Ayant des situations similaires, les BRICS se réunissent lors de sommets annuels, il est ainsi possible de comparer leurs similarités sur un plan économique. Cependant, il est nécessaire de prendre en compte leurs différences.

Dans un rapport de Rediff[1], intitulé BRIC & big bang grouth, le poids des BRIC est estimé dans la croissance mondiale à 40% à l’horizon 2025. Cela fait d’eux des puissances économiques émergeantes en phase de rejoindre les pays développés. En termes de population, les BRICS représentent 45% de la population mondiale, c’est l’un des facteurs clés de succès de leur croissance économique.

En revanche, il existe des disparités entre ces pays. Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine sont comptés dans les dix premières puissances économiques mondiales, alors que l’Afrique du Sud n’est classée qu’à la 29ème place de ce classement. Néanmoins, étant la première puissance africaine, l’Afrique du Sud a toute sa place au sein des BRICS.

 

Où en sont les BRIC dans l’intelligence économique ?

Drapeaux et dirigeants des États membres des BRICS

Le Brésil :

Le Brésil se montre plutôt ouvert à l’intelligence économique depuis quelques années. La première économie d’Amérique latine dispose d’une conjoncture favorable à son développement général (ressources naturelles abondantes, secteurs industriels dynamiques, etc), ce qui amène les entreprises brésiliennes à se développer. De grands groupes implantés au Brésil, tels qu’Apex ou Alcoa, disposent de responsables intelligence économique pour faire la différence face à leurs concurrents. Pour illustrer ce développement de l’intelligence économique au Brésil, nous avons l’exemple du programme Intelligence Economique qui a été créé en 2002 au Brésil, où un partenariat s’est établit entre l’Université brésilienne de Caxias do Sul et l’IAE de Poitiers (anciennement l’ICOMTEC).

 

La Russie :

La Russie a un peu plus de retard comparé au Brésil. En effet, c’est seulement le 22 janvier 2013 qu’a été organisé, par le Cercle Kondratieff, une conférence nommée « Intelligence Economique et Russie », voyant ici l’un des premiers pas vers l’intelligence économique. Malgré ce retard, dans un article du portail de l’IE[2], il est évoqué une assez grande ouverture de la Russie à l’intelligence économique. Fini l’espionnage intensif de l’URSS, désormais l’intelligence économique a toute sa place en Russie, et ce dans le secteur privé, dans l’enseignement russe et dans le secteur public.

 

L’Inde :

En Inde, il est coutumier de fonder les décisions stratégiques sur l’intuition. Un indien préfère ainsi travailler avec quelqu’un avec qui il est à l’aise sur le plan personnel, avant d’être en collaboration sur la plan professionnel. Selon Sanjeev Ra, diplômé ingénieur des télécommunications en Inde et du MBA de l’INSEAD, les entreprises familiales sont encore très présentes en Inde. Ainsi, une approche informelle est privilégiée pour le développement de l’intelligence économique. De plus, l’intelligence économique est un concept nouveau en Inde et n’est pas aussi poussée qu’en Europe avec par exemple le lobbying.

 

La Chine :

Les premiers pas de l’intelligence économique en Chine se sont faits avec la création de l’Université d’Intelligence Économique en 1958. Cependant, avec la Révolution Culturelle en Chine, elle a du fermer ses portes cinq ans plus tard. Ce n’est qu’en 1978 qu’une spécialité de la technologie et de l’intelligence s’est à nouveau ouverte à l’Université de Wuhan et que d’autres écoles ont créé ce type de formation. Une véritable liaison entre la Chine et l’intelligence économique s’effectuera a posteriori lors de l’adhésion de la Chine à la SCIP (Society of Competitive Intelligence Professionals). Aujourd’hui, grâce au contexte de mondialisation et à l’impérativité croissante de la maîtrise de l’information, les agences d’intelligence économique se sont multipliées de façon exponentielle. La Chine se trouve dans l’obligation de rattraper son retard vis-à-vis des pays occidentaux dans le domaine de l’intelligence économique.

 

La place de l’Afrique du Sud

Selon une étude menée par Bernardus Johannes Odendaal de l’Université de Pretoria, nommée « competitive intelligence with specific reference to the challenges facing the competitive intelligence professional in South Africa », l’économie sud-africaine ne bénéficie pas d’un soutien suffisant des pouvoirs publics pour se développer correctement. Cependant, en termes de possibilités économiques, d’infrastructures et de marchés, l’intelligence économique tend à se développer, malgré quelques difficultés.

Pour développer l’intelligence économique en Afrique du Sud, il existe la SAACIP (South African Association of Competitive Intelligence Professionals). C’est une aide au développement de l’intelligence économique qui s’avère être insuffisante compte tenu du retard de l’Afrique du Sud dans ce domaine. Malgré le manque de soutiens apportés au développement de l’intelligence économique, il existe en Afrique du Sud une perspective de croissance des pratiques d’intelligence économique.

 

[1] Rediff est un portail d’informations Indien

[2] http://www.portail-ie.fr/article/1176/L-Intelligence-economique-en-Russie-les-portes-du-Kremlin-s-entrouvrent

 

Mélodie MOREIRA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Le contenu des commentaires doit respecter les lois et les réglementations en vigueur. Cellie se réserve le droit de supprimer tout commentaire illicite, propos raciste, diffamatoire ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d’une personne, utilisant des œuvres protégées par les droits d’auteur, ainsi que tout commentaire promotionnel ou contenant des propos agressifs. Les points de vue et les propos contenus dans les articles de Cellie sont sous la responsabilité unique de leurs auteurs respectifs.