Economie de partage, va-t-on vers la fin du statut de salarié ?

L’apparition de plateformes de mise en relation travailleurs-employeurs et des personnes jugées non plus sur leur formation mais sur leurs compétences : des éléments qui nous amènent à penser un nouveau marché du travail où le statut de salarié n’a plus sa place.

 

Un recrutement basé sur les compétences

Et si nous n’étions plus recrutés pour notre diplôme, pour le métier pour lequel nous sommes formés mais seulement pour les compétences diverses et variées que nous avons accumulées au cours de notre vie ? Et si nous n’exercions plus seulement un métier mais des missions en fonction de nos compétences et des besoins à un temps donné ?

Cela peut paraître idéaliste et démesuré mais c’est peut-être le marché du travail qui nous attend. Déjà aux Etats-Unis, Yong Kim et AJ Brustein ont créé la plateforme Wonolo (Work Now Locally) qui met en relation des personnes qui offrent leurs services et leurs compétences avec les personnes qui auraient besoin de ces services. Les prestations vont du montage de meuble à la création d’un site web. Les entreprises comme les particuliers peuvent faire appel aux travailleurs via cette application. Les travailleurs peuvent ensuite accepter ou non le travail, et être payé aussitôt le travail effectué. L’avantage pour les employeurs est d’avoir un travailleur disponible rapidement, qui arrive directement, sans avoir à effectuer de recrutements spécifiques.

Un système de notation permet de garantir la compétence de la personne suite à son intervention pour une prestation. Ainsi, les entreprises peuvent embaucher et se séparer de leur personnel facilement en fonction de leurs besoins. De même, les travailleurs peuvent trouver facilement un travail et ne jamais faire la même profession d’un jour à l’autre.

 

La situation en France

Se pose alors la question de la sécurité et la stabilité de l’emploi. Personne ne peut être assuré de trouver chaque jour une prestation à réaliser et des revenus fixes ne peuvent donc être garantis. De même, aucune protection sociale ne peut être assurée à ces personnes qui ont alors un statut de travailleur indépendant. Cette plateforme n’existe pas encore en France. Cependant, beaucoup d’exemples similaires existent déjà dans l’ensemble des domaines de l’économie de partage (Uberpop, Airbnb, Drivy, Deliver par exemple). Ainsi, tout le monde peut devenir son propre patron avec seulement un smartphone en guise de bureau.

De même, la plateforme française NosRezo a créé une communauté mettant en relation professionnels et particuliers avec un système de notation des services afin de permettre à chacun de trouver un client ou un prestataire par le principe du bouche à oreille élargi. Cette plateforme utilise le même type de notation que Wonolo mais offre une valorisation monétaire à certains membres de la communauté via le prélèvement d’un pourcentage sur le montant de la transaction finale.

 

Des indépendants de plus en plus nombreux face à une législation en retard

Il y a aujourd’hui près de 42 millions de travailleurs indépendants aux Etats-Unis, et selon Le Point, près d’un travailleur sur cinq en France serait indépendant (estimation fin 2011). Ce chiffre ne fait qu’augmenter dans le monde et l’économie de partage est en pleine expansion, créant avec de nouveaux statuts, de nouvelles tendances sans aucune règlementation.

Pour le moment en France, des textes de lois sont envisagés pour réglementer les secteurs de l’économie de partage qui sont soumis à la concurrence face à la demande des chefs d’entreprises du secteur classique. Par exemple, c’est le cas pour Airbnb qui va bientôt devoir collecter les taxes de séjour suite aux réclamations des hôteliers pour une meilleure égalité. L’évolution de ces tendances se jouera donc par la règlementation qu’apporteront les différents gouvernements.

Jessica Courtois

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