Emmanuelle HAASER a commencé son parcours universitaire par des études de comptabilité et d’informatique, avant d’étudier l’intelligence économique. Elle travaille actuellement au sein du programme de soutien à la démarche intelligence économique des CCI Alsaciennes : Cogito.
Notre parcours universitaire ne nous conduit pas toujours vers le métier que l’on souhaitait initialement. Les exemples sont nombreux et le cas d’Emmanuelle HAASER reflète bien cette réalité.
Zoom sur le parcours d’une professionnelle de l’Intelligence Economique en France et de sa vision de la discipline.
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Après avoir travaillé près de 20 ans en tant qu’analyste informatique dans le secteur de l’assurance, un tournant s’opère en 2005. Elle choisit en effet de reprendre ses études en intégrant un DESS « information scientifique et technique » spécialisé dans l’intelligence économique à Nancy. Avant d’entrer dans les CCI alsaciennes en 2010, elle travaille quelque temps au sein de cabinets de conseil où elle participe entre autre, à des missions de veille.
Actuellement, et en parallèle à sa fonction à Cogito, elle dispense des cours de veille informationnelle aux étudiants de la licence professionnelle MIDEN située à l’IUT d’Illkirch-Graffenstaden.
«Je souhaitais associer ma formation initiale à une nouvelle discipline, tout en y ajoutant la valorisation de mes compétences d’expertise, de conseil et d’accompagnement stratégique des entreprises».
Elle a donc naturellement trouvé au sein du programme d’Intelligence Economique des CCI Alsaciennes, une façon « de participer à des missions variées » tout en ayant « un contact privilégié avec les entreprises».
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« La discipline englobe plusieurs aspects. À côté de la technique (méthodes, outils) on est également producteur de valeurs », explique-t-elle.
La collecte d’un ensemble de données conduit à un traitement et une analyse, leur procurant ainsi de la valeur. Les données deviennent une information, et l’ensemble de ces informations constituent la connaissance. Ceci participe inévitablement à la construction d’un savoir, apportant ainsi une vision différente de celle de départ.
« L’avantage de travailler à la CCI, c’est que l’on peut entretenir de nombreux contacts avec des entreprises et des organisations très différentes », souligne-t-elle.
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« La discipline englobe plusieurs aspects. À côté de la technique (méthodes, outils) on est également producteur de valeurs «
Emmanuelle HAASER pointe du doigt le fait que l’Intelligence Economique est une discipline « encore mouvante », où il est nécessaire « d’être à jour dans ses connaissances techniques ». Elle ajoute également le « manque de reconnaissance » de la discipline, surement dû au fait que l’Intelligence Économique reste un concept encore flou et jeune dans les esprits.
Elle conseille aux étudiants ou futurs étudiants en Intelligence Économique de développer « une vision large. » Pour cela, « il ne faut pas hésiter à combiner l’Intelligence Économique à d’autres compétences : management des organisations et IE, Communication et IE ou Gestion des connaissances et IE, me semble être un très bon cocktail ».
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Le parcours d’un professionnel de l’Intelligence Économique n’est donc pas toujours si linéaire. Cette discipline peut compléter les compétences d’un parcours technique.
Le problème de la reconnaissance peut parfois être un frein dans certaines entreprises, d’où la nécessité de convaincre sans cesse sur les bienfaits qu’apporte la discipline aux organisations.
A.T