L’impact de l’obsolescence des produits sur l’économie

Aujourd’hui, nous vivons dans une société de croissance et cette croissance est due à la consommation. Cette société de consommation se base sur trois éléments :

- la publicité,

- le crédit

- et surtout l’obsolescence

Notre société est une société dans laquelle ce que nous achetons est périmé d’avance, soit par une fin programmée, soit comme le disait Brooks Steven, par l’afflux de nouveautés.

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L’obsolescence au profit de la croissance économique…

Soit nos produits sont destinés à tomber en panne pour être plus rapidement changés (comme par exemple les ampoules à incandescence qui ne duraient que 1 000 heures alors que la technologie permettait d’en fabriquer des centenaires), soit la publicité influence tellement le consommateur qu’il achète des produits dont il n’a pas réellement besoin, et ce parfois à crédit !

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Influencé par la publicité, le consommateur achète des produits dont il n’a pas besoin

Influencé par la publicité, le consommateur achète des produits dont il n’a pas besoin

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Le but est de mettre en avant le peu de caractéristiques qui changent pour créer cette envie. Un exemple parmi tant d’autres : qu’apportait de plus l’IPhone 4S par rapport à l’IPhone 4 ?

Dès lors, l’obsolescence ne se caractérise plus uniquement par le côté dégénératif du produit, mais par la capacité des publicitaires à rendre le consommateur insatisfait de son ancien produit. Ce n’est ainsi plus uniquement le producteur qui décide de la fin de vie de son produit, mais bel et bien celui qui l’achète !

Ce phénomène est symptomatique au capitalisme libéral qui voit en l’obsolescence un moyen de faire se rééquiper les ménages en produits et ainsi de respecter cette logique de croissance tirée par la consommation.

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…ou de la crise économique ?

Ce système n’est pas cependant pas viable sur le long terme :

- Des ressources limitées :

Les économistes espèrent une croissance illimitée tandis que les ressources, elles, sont limitées. Rééquiper indéfiniment les ménages est un fantasme qui ne sera très bientôt plus envisageable.

Les premiers à l’avoir compris n’étaient pas des écologistes chevronnés, mais bien des économistes. Non, ils ne vivaient pas dans des huttes, mais de l’autre côté du rideau de fer. Les ressources y étant limitées et chères, le développement de produits à longue durée de vie, permettait de réduire considérablement les coûts, alors qu’aujourd’hui, on assiste à un gaspillage des ressources provoqué par un système qui pousse à gagner toujours plus d’argent.

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- Une gestion des déchets complexes :

En outre, cette société de consommation pose un autre problème environnemental que l’épuisement des ressources : la gestion des déchets.

En effet, cette société pousse les gens à constamment se rééquiper, bien que leur ancien produit puisse encore fonctionner. Que faire alors de ces télévisions, ordinateurs et Smartphones dont plus personne ne veut car démodés. Les recycler ?

Cela aurait été facile s’il avait été moins cher de récupérer les matériaux de ces produits d’occasion que d’en faire venir du fond de l’Afrique. L’Afrique qui par ailleurs, se retrouve être la décharge du monde. Triste ironie que de se dire que l’Afrique fourni les matières premières aux industries des pays développés et que celles-ci leur reviendront sous forme de déchets. Pillée et saccagée ! Voilà ce que fait la société de consommation de l’Afrique et finalement, du monde.

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Comment espérer une croissance illimitée tandis que les ressources, elles, sont limitées ?

Comment espérer une croissance illimitée tandis que les ressources, elles, sont limitées ?

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Solutions envisagées

Bien que la situation soit arrivée à un point extrême, une amélioration est toujours envisageable. Avec l’augmentation de prix du baril de pétrole, les coûts de transport vont exploser ce qui aura une conséquence majeure : il sera peut-être plus rentable de recycler plutôt que de faire venir de nouvelles matières premières et d’expédier les déchets à l’autre bout du monde.

Cependant, prôner la décroissance pour solutionner ce problème semble peu envisageable.

Une hypothèse de travail avancée par certains économistes serait d’obliger les fabricants à récupérer leurs produits quand le consommateur souhaite s’en séparer. Le consommateur louerait ainsi le produit pour une durée déterminée, ce qui permettrait aux fabricants d’avoir toujours des revenus issus du rééquipement, mais cela les rendrait aussi responsables de leurs produits et de leur recyclage.

Les constructeurs seraient ainsi amenés à réduire l’utilisation de produits toxiques et favoriser l’utilisation de produits recyclables, ce qui leur permettrait de réutiliser leurs propres matières premières. C’est ce que propose l’idéologie du Cradle to Cradle, du berceau au berceau.

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Maxime Desangle

viadeo

 

4 Responses to L’impact de l’obsolescence des produits sur l’économie

  1. Application Iphone Gratuite

    Pourtant la décroissance pourrait vraiment nous aider à mieux vivre notre quotidien

    • Je me permets de vous répondre :
      La décroissance n’est à mon sens pas une solution viable. Le propre de l’Homme est d’évoluer afin d’améliorer ses conditions de vie. Prôner la décroissance revient au final à éviter le problème et à ne pas chercher de solutions. Prenons un exemple poussé à l’extrême : si le problème de la voiture est qu’elle pollue trop, ce qu’il faut, c’est trouver un moyen qu’elle soit moins nocive, pas de l’abandonner sur le bord de la route. Vous ne vous déplacerez jamais aussi vite et aussi loin à pied. Qui accepterait de faire de tels sacrifices ?
      Ce qu’il faut, c’est repenser le système et l’améliorer, pas le détruire.

      Maxime Desangle

  2. Professeur vacataire à l’UNSA et à l’USTV je me réjouis de voir qu’une équipe d’étudiants se penchent sur une tel sujet de Société. Bravo. La problématique de l’obsolescence programmée est plus que jamais à l’ordre du jour.
    C’était le thème d’un Ciné-Forum qu’EthiCum a organisé fin Janvier dans le sud de la France et qui a rencontré un grand succès avec 250 participants.
    Dans ce contexte et comme premier acte concret, nous avons lancé une pétition pour un « Principe de réparation » qui s’adresse aux parlementaires. Elle reçoit en moyenne 50 signatures par semaine et nous sommes moins d’un mois après à 300 signatures pour 1.000 visées.
    Intéressé(e) ? Vous pouvez signer en direct sur http://avaaz.org/fr/petition/Pour_la_creation_du_Principe_de_Reparation_des_EEE
    ou visiter http://ethicum.org/ethilab et nous apporter votre point de vue ou votre contribution.
    Mais d’ores et déjà nous mettons un lien vers cet article dans notre site.

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