Depuis décembre 2011, la Guyane est devenue un lieu stratégique pour une éventuelle exploitation pétrolière. Si les forages n’en sont qu’au stade expérimental, de nombreuses polémiques ont déjà émergées sur place. En métropole on en parle peu, pourtant l’histoire engendre beaucoup d’interrogations notamment environnementales.
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La Guyane française est un département outre-mer, situé en Amérique du Sud au large de l’Océan Atlantique. Economiquement, la Guyane est le département français où le chômage est le plus élevé puisque l’on comptabilise environ 20% de chômeurs.
L’exploration pétrolière au large de la Guyane est née des suites de la découverte d’hydrocarbures près des côtes brésiliennes, projetant le pays à la première place des puissances pétrolières. Les pétroliers ont alors poursuivi les recherches au large de l’Atlantique. Les permis d’exploitations des côtes guyanaises se sont alors partagés de telle façon que Shell détient 45% des parts, Tullow Oil 27,5%, Total 25% et 2,5% que se partagent Northern Petroleum et Wessex.
Les permis de recherche couvrent 150 000 km² de la Zone Economique Exclusive guyanaise dont 33 300 km², où se trouve une partie de la Réserve Naturelle Nationale du Grand Connétable, sanctuaire de reproduction des oiseaux marins. Actuellement seul, Shell a débuté les forages d’expérimentation. En cas de marée noire, les dégâts pourraient être dévastateurs. D’autant plus, qu’à ce jour, la France ne dispose pas de principe pollueur-payeur en cas de catastrophe.
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Source : http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/developpement-durable-1/d/decouverte-de-petrole-en-guyane-manne-financiere-ou-danger-ecologique_33467/
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La pression des pétroliers vis-à-vis du gouvernement semble forte puisqu’en juin dernier, Nicole Bricq, ministre de l’Ecologie et du Développement Durable démissionnait après le revirement du ministère concernant la signature de deux arrêtés préfectoraux nécessaires au lancement des travaux. Le ministère soutenait qu’il était nécessaire de remettre à plat le code minier notamment en ce qui concerne les risques de pollution environnementale.
Une semaine plus tard, le gouvernement faisait volte-face après la mobilisation des élus guyanais via le ministre des outre-mers, des groupes pétroliers et industriels (dont Shell et Total), de l’Union française des Industries Pétrolières (UFIP) et de la présidente du Medef, Laurence Parisot.
Sur place, la population accueille plutôt favorablement ce projet puisqu’elle y voit une possibilité d’emploi. Interrogée sur ce sujet, la presse guyanaise revendique le droit à plus d’information et s’indigne contre le gouvernement qui fait la sourde oreille.
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D’après Shell, l’exploitation du bassin pétrolier guyanais pourrait produire environ 300 millions de barils pour ainsi réduire les importations de pétrole et une diminution des coûts de la facture énergétique. Les retombées économiques exactes ne sont pour l’heure pas encore connues : on estime toutefois que le projet pourrait créer 160 emplois directs et 600 emplois indirects, dont une partie serait occupée par des cadres et des techniciens formés du secteur pétrolier. Cette possible création d’emplois pour les guyanais ne réglera pas le problème du taux de chômage de la Guyane.
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Les ONG et des associations comme le Collectif « Or Bleu contre Or Noir » n’ont pas tardé à faire savoir leur mécontentement en rappelant la biodiversité exceptionnelle dont dispose la Guyane : 5 500 espèces végétales, plus de 600 espèces de poissons et d’amphibiens et 700 espèces d’oiseaux. Un hectare de forêt en Guyane possède plus d’espèces de plantes que dans toute l’Europe. Or, les forages sont prévus à 150 km des côtes et à une profondeur de 6 000 mètres, où se conjuguent des courants violents et un risque de sismicité, nécessitant des techniques de forages particulières et très polluantes.
Les écologistes mettent également en avant le fait que la France, en acceptant ces exploitations, retarde la recherche d’une transition énergétique.
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Quoiqu’il en soit, la situation tourne, pour le moment, à l’avantage des grands groupes pétroliers. Si les expérimentations de l’or noir guyanais s’avèrent positives, l’exploitation du bassin guyanais devrait commencer d’ici 2019. D’ici là, difficile de connaitre la position du gouvernement. Aux dernières nouvelles, le second puits installé par Shell serait un échec puisque les forages n’ont pas fait remonter d’hydrocarbures.
A.T.
On voit encore la puissance du lobby pétrolier…c’est quand même dommage ce que font ces géants du pétrole et les politiques. le nombre d’emploi qui pourrait être créé est relativement faible par rapport aux risques environnementaux, le monde a besoin d’une transition énergétique, d’énergies nouvelles et renouvelables… et pourtant, ils sont prêt à prendre de gros risques (inutiles) pour quelques billets….!!!
L’avenir des peuples et de la terre ne les préoccupent toujours pas…!!!