E-reputation : d’abord une question d’identité numérique
L’e-reputation et le community management sont sans doute les termes les plus en vogue en ce moment autour du web 2.0. Si on parle très souvent d’entreprises, de marques, de politiques, ou même de particuliers qui veulent gérer leur réputation en ligne, on en oublie bien souvent les bases : l’identité numérique.
Vous ne découvrirez pas dans cet article de stratégie permettant une réussite fulgurante de votre site web, mais simplement des bases qui vous permettront de mieux appréhender les nouveaux enjeux liés aux réseaux sociaux et aux nouvelles méthodes de référencement naturel.
Les réseaux sociaux ne sont pas un « fastpass » vers la réussite
Se lancer sur internet pour développer sa présence est bien trop souvent pris par les intéressés comme un « pass » leur permettant de gagner du trafic sur leur site et ainsi capter plus de clients. Les réseaux sociaux, ou internet en général, sont un formidable moyen de communiquer et de se faire de la publicité presque gratuite. On a malheureusement tendance à un peu trop oublier que c’est aussi un formidable moyen pour les entreprises de perdre en crédibilité.
Mais avant de parler des entreprises, il est nécessaire de s’attarder du côté du simple particulier et de comprendre pourquoi il est important de commencer par étudier sa propre situation personnelle avant de se lancer dans l’aventure en entreprise.
Usurpation et vol d’identité
Il est aujourd’hui tellement facile de créer un faux compte Facebook ou LinkedIn (ou autres) et de se faire passer pour son voisin. Les intentions sont plus ou moins louables. De la simple blague à une vengeance machiavélique : on peut facilement en perdre sa crédibilité. Et sans même parler de vol d’identité, il se pourrait qu’il existe de nombreux homonymes qui sont déjà présents sur le web. Cela peut devenir assez problématique si l’un d’entre eux n’est pas très soucieux de son image en ligne, voire si c’est un escroc.
C’est de ce constat qu’est née « la gestion de l’e-réputation ». Car avant de penser à faire de tous ces outils des moyens de gagner de l’argent, il est nécessaire de poser son identité : Quels messages je veux véhiculer à propos de ma personne ? Et surtout comment les véhiculer ?
Les bases d’une identité numérique personnelle (à peu près) propre
Les enjeux sont importants en terme de réputation personnelle sur internet (personnal branding) à l’heure où le moindre entretien d’embauche suscite à votre futur employeur l’envie d’aller chercher en ligne des informations sur vous. Le problème est que sur la toile, rien ne s’oublie, et cela peut poser quelques soucis. La question n’est donc pas de « supprimer » ou faire disparaître l’information indésirable (puisque c’est quasiment impossible), mais plutôt de la déclasser à un endroit du net où le moins de monde possible pourra la trouver.
Il existe donc à ce sujet quelques techniques assez simples vous permettant de mettre en valeur ce que vous désirez.
Rechercher et trouver l’aiguille…
La première chose à faire est de commencer par une requête Google sur votre nom et prénom, et/ou sur votre pseudo. Celle-ci permettra d’observer d’une manière globale ce qui se trouve en ligne à propos de notre personne. Les études et statistiques montrent que les gens ne s’attardent que très peu sur le contenu présent au-delà de la première page de résultats. Par mesure de sécurité (ou si on a du temps), il s’agit d’aller le plus loin possible.
En règle générale, sauf si on a fait la bêtise de s’inscrire sur les forums fréquentés avec notre vrai nom, tout devrait être assez clair et « propre ». Dans le cas contraire, on risque sans doute de tomber sur quelques déchets tels que des messages postés il y a 4 ans à propos de la maladie de Kiki notre yorkshire. Cela est à prendre en compte à demi-mesure. Il ne s’agit évidemment pas de supprimer tout ce qui se trouve à propos de nous, mais plutôt de trier.
… Puis noyer le poisson
Une fois le tri fait, l’enjeu principal est de mettre en ligne du contenu nous concernant afin de gagner une réelle crédibilité et de prouver que nous sommes bien nous-même (paradoxal non ?).
La deuxième phase est donc une phase d’inscription sur les réseaux sociaux basiques (Facebook évidemment, LinkedIn, Viadeo, Doyoubuzz, Google+, So.cl, etc.) et de diffusion d’un CV comportant les informations (par mots clés) en rapport avec les domaines sur lesquels on souhaite se positionner.
Complétés par une belle photo de notre personne, ces profils surclasseront en général ce qui existe déjà dans les résultats des recherches Google (les messages sur les forums par exemple). Plus les profils que l’on crée sont complets, plus les chances que l’on tombe dans le futur sur ces données augmenteront.
Sachez en tout cas que gérer votre identité numérique vous évitera bien des ennuis. Non pas que vous arriverez à tous les éviter, mais vous pourrez au moins les prévenir.
C’est donc d’ici que part la réputation en ligne, ou plutôt e-reputation. Ce terme est ainsi intimement lié aux domaines que sont l’intelligence économique et le SEO (search engine optimization ou référencement naturel). Il ne s’agit ni plus ni moins que de la maîtrise de l’information utile par les outils technologiques.
On imagine donc plus aisément la masse de travail requise pour une entreprise pour trier et diffuser l’information désirée au bon endroit sur la toile. Toute cette problématique fait donc aujourd’hui réellement partie des nouveaux enjeux liés aux réseaux sociaux et aux nouvelles techniques de référencement sur le net.
Que vous souhaitiez réagir à cet article, ou même le compléter, les commentaires sont bienvenus !
Damien Fouché
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Stéphane
14 juin 2012Bonjour, et merci pour cet article.
Pour les entreprises la problématique est peut être un peu différente, puisque les consommateurs ne sont pas mus par les mêmes motivations que le voisin machiavélique, mais la question de l’identité numérique reste tout aussi cruciale. Et c’est la plupart du temps le site Internet qui en sera le garant et le témoin, alors que les réseaux sociaux suffisent parfois à cette fin pour le personnal branding.
Par contre, pour une entreprise, les réseaux sociaux (sous la houlette du blog) vont représenter un canal d’irrigation nécessairement malléable de cette identité numérique. Une fois que la stratégie digitale a défini le rôle de chaque profil (Twitter, Facebook, Pinterest, etc.), ceux-ci vont se faire les relais des informations corporate, les fossoyeurs des rumeurs fallacieuses, et les amplificateurs de tout intérêt naissant pour leur marque.
P.S. : Meilleurs voeux de rétablissement à Kiki.
Damien Fouché
14 juin 2012Bonjour,
Merci pour le commentaire et je vous rejoins tous vos points
Effectivement si on regarde la relation entreprise/consommateur ce ne sont pas les mêmes motivations que le voisin machiavélique.
J’ajouterai cependant que lorsque l’on regarde la relation entreprise/concurrents, on peut ici se poser la question, d’autant plus si le/les concurrents sont machiavéliques 🙂
D’où l’importance, je pense, de penser à gérer l’identité de son entreprise sur le web. Combien de fois a-t-on vu des personnes se faire passer pour l’employé d’une boîte sur Twitter (ou autres)… Je ne parle ici que « d’usurpation » d’identité, mais on peut parler de beaucoup d’autres choses.
Bonne journée !
Wilhem
15 novembre 2012Article passionnant! Soigner le mal par le mal, quelle ironie! Donner plus de soi pour protéger son identité…
En attendant, l’ère des mutations de l’identité numérique a déjà commencé: http://www.mediaentity.cc
Surtout, restez prudents…
Wilhem (et toute l’équipe de MediaEntity)