Le Shutdown Américain le plus long de l’histoire

C’est historique, depuis le 22 décembre 2018, les Etats-Unis subissent un nouveau shutdown. Le record s’élevait à 21 jours et était alors détenu par l’administration de Bill Clinton, en 1996. Le gouvernement de Donald Trump n’a pour l’instant pas trouvé de solution, le shutdown est actuellement toujours en cours.

Qu’est-ce que le shutdown aux Etats-Unis ?

Pour clarifier la situation, il est important d’expliquer le phénomène du shutdown, présent aux Etats-Unis depuis  1976.

Lorsque le Sénat et la Chambre des Représentants (qui constituent ensemble le Congrès américain), n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le financement d’une mesure gouvernementale, l’administration stoppe alors ses activités. Seuls les services qualifiés d’ « essentiels » sont maintenus : les services médicaux, le système pénal, l’armée, etc. Le pays entre alors dans une période de shutdown pour cause de différend financier au Congrès.

Exemple de fermeture des parcs à Washington DC durant un précédent shutdown.

Pourquoi ce shutdown ?

C’est la construction du mur délimitant la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, le projet phare de Donald Trump et sa principale promesse de campagne, qui a causé un nouvel arrêt des activités du gouvernement américain. Dans le but de commencer à bâtir ce mur, le 45ème président des Etats-Unis demande au Congrès un financement s’élevant à hauteur de 5,7 milliards de dollars.

Depuis les élections de mi-mandat, la Chambre des Représentants est constituée d’une moitié de démocrates et d’une moitié de républicains. Ce sont en partie les démocrates qui bloquent le projet du président américain. Cette opération décidée par Donald Trump va à l’encontre de leurs principes ; ils la décrivent comme « immorale, coûteuse et inefficace ».

Tweet de Donald Trump présentant le possible design du mur « antimigrants ».

Des conséquences catastrophiques ?

800 000. C’est le nombre exact de fonctionnaires fédéraux qui n’ont pas été payés à cause du processus de shutdown. La moitié de ces travailleurs de l’Etat, c’est-à-dire 400 000  personnes, ont même bénéficié d’un congé sans solde. Ils se retrouvent aujourd’hui au chômage car considérés comme « non essentiels ».

Autre conséquence dramatique, plusieurs milliers de fonctionnaires continuent à travailler au sein de différents ministères vitaux, comme celui de la justice ou de la sécurité intérieure, mais ne seront pas payés. Ils sont environ 200 000.

Malgré ces conséquences négatives créatrices de tensions dans le pays, il est possible de percevoir certains faits plutôt positifs.

Le Congrès, après avoir constaté le nombre de personnes sans revenu, a voté une loi qui permettra à l’ensemble de ces salariés d’être payés après le shutdown.

De plus en plus de cagnottes sont mises en ligne afin d’obtenir de l’argent pour aider les personnes en difficulté à financer leurs dépenses inévitables telles que le loyer, l’alimentaire, etc.

Des fonctionnaires canadiens ont choisi, eux, de montrer leur solidarité en envoyant des centaines de pizzas à leurs voisins américains. Ce sont plus particulièrement des contrôleurs aériens canadiens de la ville d’Edmoton, travaillant sur le même espace que les américains  d’Alaska, qui ont imaginé cette idée. Le projet a ensuite été repris dans 49 aéroports se situant le long de la frontière du Nord.

Et Donald Trump dans tout cela ?

Le président américain évoque depuis plusieurs jours la solution qui constituerait à décréter la procédure d’«urgence nationale ». Donald Trump peut recourir à cette procédure grâce à la loi de 1976 appelée la « National Emergencies Act ». L’invoquer confierait au président des pouvoirs extraordinaires qu’il pourrait utiliser afin de contourner le Congrès et de se servir de l’armée pour étayer sa décision.

Après réflexion, Trump a finalement décidé,  le vendredi 11 janvier 2019, de ne pas utiliser aussi rapidement l’urgence nationale, bien qu’il continue à l’envisager comme la solution de facilité pour régler les problèmes causés par le shutdown.

Il se heurte ici, encore une fois, aux démocrates qui rejettent totalement cette idée tout en les provoquant : en effet, le locataire de la maison blanche explique sur Twitter que le conflit pourrait être réglé en 15 minutes si les démocrates « faisaient leur boulot ».

Il s’oppose également à une partie de son propre camp. Dick Durbin, numéro 2 des républicains au Sénat a déclaré sur la chaîne de télévision ABC : « Je ne sais pas si c’est une porte de sortie ou non […] mais j’y suis opposé si ce président déclare l’urgence nationale à chaque fois qu’il n’est pas d’accord avec le Congrès ».

Donald Trump découvrant les prototypes de murs à San Diego.

Ce qu’il faut retenir

Le shutdown de l’administration américaine provoque des conflits internes en politique ainsi que des conflits avec la population. Il ne se voit aujourd’hui toujours pas attribuer de solution.  Ses conséquences se font de plus en plus ressentir dans le pays et créent de multiples tensions. Cela est de plus mêlé à la menace de l’urgence nationale qui plane toujours et qui pourrait diviser bien plus encore.

Carole EVANNO


Sources :

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