La pertinence des informations sur Linkedin

 

Linkedin apparaît aujourd’hui comme un outil incontournable dans le monde professionnel. La mort du CV « traditionnel » semble proche pour laisser place à des C.V. plus dynamiques et plus complets sur le web. Cependant, les informations présentes sur un site tel que Linkedin peuvent être remises en question.

logo linkedin

 Source : Flickr.com

La survalorisation des informations

Dans une grande majorité des cas, on peut observer une survalorisation des informations, c’est-à-dire qu’il y a souvent une différence entre la réalité et les données mises sur Linkedin. Même s’il est possible de se faire recommander et de se faire valider des compétences par les membres présents dans notre réseau, les informations de bases sont inscrites par l’utilisateur du compte. Par exemple, le titre de « PDG » est trop fréquemment utilisé : dans la réalité, il correspond souvent à un utilisateur qui possède le statut d’auto-entrepreneur ou le poste de gérant d’une EURL.

Les comptes en doublon

Sur Linkedin, contrairement à Twitter, on peut utiliser plusieurs fois le même nom (problème de comptes en doublon). Si l’on prend l’exemple du nom suivant ; « Christian Dupont », on trouve 273 résultats dans la barre de recherche du site. Même s’il existe des filtres de recherche, trouver le bon « Christian » ne s’avère pas toujours évident.

Les faux profils

Les faux profils sont néfastes au réseau car ils contiennent des informations qui n’ont aucune véracité. Les recherches faites par les utilisateurs peuvent être susceptibles d’être altérées par des contenus inappropriés. La gestion des faux profils se fait surtout grâce à l’aide des membres du réseau. Lorsqu’un profil de ce type est détecté,  il est possible de le signaler en suivant la procédure ci-dessous :

  1. Cliquez sur la flèche vers le bas à côté de « Envoyer un message » ou « Envoyer un InMail » dans la section supérieure du profil du membre.
  2. Sélectionnez « Signaler comme inapproprié ».
  3. Choisissez la raison pour laquelle vous signalez le profil.
  4. Cliquez sur « Envoyer ».

Un concurrent peut facilement se créer un compte sous un faux nom afin de rechercher de l’information utile ou de diffuser de l’information erronée. Mais il existe aussi des profils mettant en scène des personnages fictifs et des personnes décédées. Pour preuve, même le personnage de bande dessiné, John Constantine, est sur Linkedin :

Faux profil john constantine

Capture d’écran où l’on voit la photographie de Keanu Reeves qui jouait le rôle de John Constantine dans le film de 2005.

Que deviennent les comptes Linkedin des personnes décédées ?

Si Facebook maintient sa croissance actuelle, le nombre d’utilisateurs décédés dépassera celui des utilisateurs actifs en 2130. La question se pose donc aussi pour Linkedin lorsque l’on sait qu’en moyenne deux personnes rejoignent le réseau chaque seconde.

Linkedin a prévu un formulaire de décès à remplir. Cependant, il doit contenir des informations précises et il est nécessaire d’être un membre proche pour pouvoir effectuer une demande.

Ce que dit la loi :

Selon l’article 40 de la loi n78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés :

« Les héritiers d’une personne décédée justifiant de leur identité peuvent, si des éléments portés à leur connaissance leur laissent présumer que les données à caractère personnel la concernant faisant l’objet d’un traitement n’ont pas été actualisées, exiger du responsable de ce traitement qu’il prenne en considération le décès et procède aux mises à jour qui doivent en être la conséquence. Lorsque les héritiers en font la demande, le responsable du traitement doit justifier, sans frais pour le demandeur, qu’il a procédé aux opérations exigées en vertu de l’alinéa précédent. »

Il est intéressant de noter que la loi ne mentionne aucune information sur le devenir des données numériques après le décès d’un utilisateur.

En conclusion, sur le long terme, la viabilité des informations sur Linkedin n’est pour le moment pas établie.  Cependant, le réseau social numérique professionnel à été créé en 2003, on peut donc espérer que dans les quelques années qui arrivent, les gestionnaires du site en ligne trouveront une réponse plus adaptée au problème de la mort numérique.

La commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a réalisé une fiche pratique sur ce thème.

Plusieurs pistes de réflexion pourraient être envisageables :

  • S’inspirer de la solution utilisée par Google, à savoir la mise en place d’un délai d’expiration à partir duquel votre compte est considéré comme inactif (avec une confirmation par mail à vous-même ou à vos proches)
  • L’anticipation : définir les dernières volontés numériques du défunt.
  • La gestion du compte par un membre de confiance

Mais cela pose toujours un nombre incalculable d’autres questions.