L’IE : outil de puissance au 20ème siècle

Le dessous des cartes du 8 octobre 2011, présenté par l’expert en géopolitique et en relations internationales Jean Christophe Victor, questionne le concept d’intelligence économique et se penche sur son rôle dans les échanges mondiaux.

« La sphère économique est l’un des terrains où les Etats se livrent bataille. La mondialisation, la libération des échanges et l’apparition de grandes firmes multinationales rendent cet environnement de plus en plus concurrentiel », explique le journaliste. Dans notre environnement mondialisé, les États et les entreprises utilisent en effet l’intelligence économique pour préserver leur position et conquérir de nouveaux marchés.

Le concept d’intelligence économique peut se traduire comme étant une arme pour se défendre des attaques dans un contexte rude, mondial et hyperconcurrentiel.

« Le dessous des cartes » nous présente trois modes de management de l’information utile : le renseignement économique, la protection du patrimoine intellectuel, scientifique et matériel, ainsi que les pratiques d’influence.

1er mode de management de l’information utile : le renseignement économique. Ce mode de management de l’information utile peut être défini comme étant l’ensemble des méthodes et des pratiques qui visent à acquérir des données et des informations.

Les sources d’informations formelles et informelles sont donc surveillées, en exploitant le web accessible ou restreint, les bases de données, les conversations, les rumeurs sur les réseaux sociaux, la presse professionnelle et généraliste, les colloques scientifiques et les salons professionnels.

Après le tri et l’analyse, l’objectif est de transmettre les données pertinentes et les informations stratégiques au service de l’État et aux entreprises au bon moment.

La France possède son propre réseau : les principales stations d’écoute se trouvent en France métropolitaine (notamment à Domme, en Dordogne), mais aussi en Outre-mer (Nouvelle Calédonie, Guyane).

Outre ces dispositifs, le réseau étatique français à travers le monde est complété par : le réseau UbiFrance (ou l’agence pour le développement international des entreprises) qui est présent dans 46 pays, par les Chambres de Commerce et d’Industrie françaises à l’étranger, présentes dans 74 pays, et enfin par les services économiques des Ambassades de France. Tous sont ici pour faire rayonner à travers le monde l’industrie et l’économie française dans son ensemble.

On comprend donc que le concept d’intelligence économique inclut nécessairement la protection de l’information acquise ou générée et celle du patrimoine matériel.

2ème mode de management de l’information utile : la protection du patrimoine. On en comprend l’utilité au travers de différents exemples d’attaques illégales qui ont permis d’espionner, de voler ou de corrompre des données ou des systèmes d’informations. Le réseau Internet a rendu plus vulnérable les entreprises et les systèmes gouvernementaux.

3ème mode de management de l’information utile : l’influence. La tentative d’influence peut prendre la forme d’action de lobbying auprès des parlements nationaux ou auprès de la Commission européenne. Selon un rapport du Parlement européen en 2007, il y a 3 000 groupes d’intérêts au sein de l’Union Européenne, ce qui représente plus de 20 000 lobbyistes issus d’entreprises, de cabinets spécialisés, de fédérations et de régions. En comparaison, on ne compte que 15 000 fonctionnaires européens !

En conclusion, ce numéro du « dessous des cartes » nous met en garde contre un principe simple : « Ne pas confondre guerre économique et guerre pour des raisons économiques ». L’un des objectifs principaux des États étant d’augmenter les performances de leur économie et ce, quel que soit le contexte des alliances politiques.

La nouveauté de l’intelligence économique est de mobiliser de façon volontaire, simultanée et coordonnée toutes les ressources d’un pays (universités, centres d’excellence, CCI, gendarmerie, associations…).

« C’est la convergence des données, des décisions et des actions qui permet le management fonctionnel de l’information », finit par conclure Jean-Christophe Victor.

Angèle Zinssner

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